Montréal-Nord: l’organisme Hoodstock dénonce le racisme environnemental

MONTRÉAL — «La densité de la population, le faible couvert végétal, le manque d’accessibilité aux espaces verts, les îlots de chaleur, l’omniprésence du béton et de l’asphalte» sont tous des enjeux qui touchent plus durement les quartiers défavorisés et habités par des communautés racisées, a affirmé mercredi la professeure à l’École de travail social de l’Université de Montréal, André-Anne Parent, lors d’une conférence virtuelle sous le thème de la justice climatique, donnée par l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec.

Alors que 11,4 % de la surface de Montréal est recouverte d’espaces verts, ce chiffre n’est que de 3,9 % dans Montréal-Nord, a renchéri l’agente à la mobilisation chez Hoodstock, Cathy Ramirez, citant le Plan directeur du sport et du plein air urbains publié par la Ville en 2018.

Son organisme mène de nombreux projets sociaux dans Montréal-Nord, où presque la moitié des habitants appartient à une minorité visible et où une personne sur cinq est en situation de faible revenu, d’après le recensement de 2016.

Dans le quartier, «les transports publics sont défaillants, du métro, nous n’en avons juste pas», et «ce n’est vraiment pas tout le monde qui a accès à une cour arrière, à un jardin», ou même à des installations sportives, a-t-elle ajouté.

Selon elle, toutes ces déficiences environnementales, «ça atteint la santé physique, mais aussi mentale». «Les îlots de chaleur, c’est très fatal», a-t-elle expliqué, alors que le manque de solutions de rechange «donne juste le goût d’avoir son char» au lieu d’utiliser du transport collectif ou actif. 

Des solutions

S’il y a une «concentration de désavantages dans certains quartiers», ce n’est que «l’expression de décisions qui sont prises à différents paliers», d’après la professeure Parent. «Les politiques ont encore du retard à rattraper.»

Elle propose de «favoriser le soutien social dans les quartiers, d’augmenter le nombre d’espaces verts et de soutenir les organismes communautaires», ainsi que de «revoir la manière dont les villes sont faites». 

Mais avant tout, il faudrait «développer davantage d’outils d’analyse» pour réellement prendre le pouls de la situation, alors que beaucoup de données sont encore inconnues.

Du côté de Montréal-Nord, «nous attendons avec impatience la ligne rose et l’allongement de la ligne bleue», a lancé Mme Ramirez. La date d’inauguration des cinq nouvelles stations de la ligne bleue est encore «en cours de révision» sur le site internet de la Société des transports de Montréal, mais les travaux devraient prendre plusieurs années. La ligne rose promise par la mairesse sortante Valérie Plante a, elle, été mise de côté au profit du REM de l’Est.

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Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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