Montréal pourrait accueillir la Conférence de l’ONU sur la biodiversité COP15

Montréal pourrait accueillir la Conférence de l’ONU sur la biodiversité COP15 à la fin de l’été ou au début de l’automne si la situation sanitaire en Chine ne s’améliore pas, a déclaré la secrétaire exécutive de la Convention sur la diversité biologique (CDB), Elizabeth Maruma Mrema, à Montréal mardi après-midi. 

Si la ville de Kunming en Chine n’est pas en mesure d’être l’hôte de la COP15 sur la biodiversité qui doit avoir lieu dans quelques mois, la secrétaire exécutive de la Convention sur la diversité biologique évalue les chances de Montréal d’accueillir l’événement à «8 sur 10». 

C’est ce qu’Elizabeth Maruma Mrema a répondu au PDG de la Fondation du Grand Montréal, Karel Mayrand, qui l’a questionnée sur le sujet lors d’un échange organisé par le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM). 

La 15e Conférence des parties (COP) de la Convention sur la diversité biologique des Nations unies a débuté à Kunming en Chine à l’automne 2021.  

L’événement a eu lieu en format hybride, c’est-à-dire que des dirigeants y ont participé en ligne. 

La deuxième partie de cette conférence devrait avoir lieu d’ici quelques mois, mais les règles sanitaires et le confinement à répétition de grandes villes chinoises pourraient forcer les Nations unies à trouver un autre endroit que Kunming. 

«Je dis 8 (chances sur 10), car Montréal est la maison du Secrétariat» de la Convention sur la diversité biologique, a indiqué Elizabeth Maruma Mrema en parlant de l’organisation qui a son siège sur la rue Saint-Jacques. 

En entrevue avec La Presse Canadienne, la secrétaire du CDB a dit que la Chine «demeure l’option numéro un», mais comme «il y a des pressions pour que la COP ne soit pas reportée», elle a expliqué que les Nations unies «commençaient à regarder d’autres options», et Montréal pourrait être «l’option par défaut» si «le gouvernement est prêt à en assumer le coût». 

Si la Chine devait se désister, le pays qui l’a remplacerait devrait «être prêt à assumer les coûts» et organiser l’événement assez rapidement, a ajouté la première femme africaine a avoir été nommée secrétaire du CDB.

Trente ans après la signature de la Convention sur la diversité biologique au Sommet de la Terre de Rio, la prochaine COP est particulièrement importante, selon Elizabeth Maruma Mrema, notamment à cause des «preuves scientifiques récentes que la perte de biodiversité se produit à un rythme sans précédent et que la perte de biodiversité est également liée à d’autres problèmes environnementaux comme la pollution, la dégradation des terres, le changement climatique».

Lors d’un discours à Montréal mardi, elle a fait référence à un rapport particulièrement alarmant publié en 2019 par la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), qui relève de l’ONU.

Plus d’un demi-million d’espèces terrestres «ont un habitat insuffisant pour leur survie à long terme» et risquent de disparaître, plusieurs d’ici des décennies, à moins que leurs habitats ne soient restaurés, selon ce rapport.

Le taux d’extinction des espèces s’accélère, ce qui provoque de graves conséquences sur les populations humaines et risque «d’éroder les fondements mêmes de nos économies, nos moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la qualité de vie dans le monde entier», avait rappelé le président de l’IPBES, Robert Watson, lors de la publication du rapport.

Gaspillage alimentaire dans un événement sur la diversité biologique 

En entrevue avec La Presse Canadienne, la secrétaire exécutive de la Convention sur la diversité biologique a également évoqué la nécessité de «lutter contre les subventions qui nuisent à la biodiversité», comme les subventions aux agriculteurs qui utilisent certains types de pesticides ou encore les subventions aux larges groupes industriels qui font de l’élevage de bovins. 

Un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) indique que les subventions aux éleveurs de bovins nuisent particulièrement à la biodiversité et aux efforts de lutte au changement climatique. 

Ironiquement, du bœuf était servi aux convives qui se sont déplacés à l’hôtel Westin de Montréal pour entendre Elizabeth Maruma Mrema. 

Une entrée de poisson était également servie, mais plusieurs assiettes de ce gravlax sont restées sur les tables pendant l’événement, car certains invités ne se sont pas présentés. Un responsable de l’événement a expliqué à La Presse Canadienne que les plats de poisson en question se retrouveront malheureusement aux ordures. 

En mars 2021, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) estimait que 17 % de la nourriture totale disponible pour les consommateurs en 2019 a été jetée dans les poubelles des ménages, des commerçants, des restaurants et autres services alimentaires et le PNUE indiquait que pour s’attaquer à la perte de biodiversité, «les gouvernements et les citoyens du monde entier doivent faire leur part pour réduire le gaspillage alimentaire». 

Au Québec, différents organismes, comme le Conseil québécois des événements écoresponsables (CQEER), facilitent et encouragent l’organisation d’événements durables et écoresponsables.

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