Montréal s’active pour la protection des pollinisateurs à l’approche de la COP15

Montréal, qui s’apprête à accueillir la COP15 sur la biodiversité en décembre, annonce l’adoption d’un plan d’action sur cinq ans afin de mieux protéger les pollinisateurs. 

La Ville veut notamment modifier la réglementation de ses arrondissements pour favoriser l’aménagement de potagers et de jardins mixtes en façade, ainsi que réduire la fréquence de la tonte de gazon sur son territoire dès le printemps prochain.  

Le plan présenté mercredi comporte un total de 14 actions réparties sur trois piliers misant sur la mise en valeur des milieux naturels. Aucun budget se rattachant à l’application des mesures n’a été annoncé. 

Le plan vise aussi à faire passer de 8 à 10% la superficie terrestre des milieux naturels protégés d’ici 2030, ce qui exige l’ajout d’environ 1000 hectares, soit l’équivalent de cinq fois le mont Royal, précise la Ville. 

Dans la même veine, Montréal souhaite développer au moins cinq projets de corridors écologiques favorables aux pollinisateurs. 

«Quand vient le temps de protéger la biodiversité et la chaîne alimentaire, les pollinisateurs sont extrêmement importants parce qu’un tiers de l’alimentation mondiale dépend de la pollinisation», a fait valoir la mairesse de Montréal, Valérie Plante, en conférence de presse à l’Insectarium. 

La municipalité s’engage à surveiller l’évolution de l’état des populations de pollinisateurs. En 2020, un recensement a permis de dénombrer au moins 435 espèces d’insectes. 

Aux côtés de la mairesse, la secrétaire exécutive de la Convention sur la diversité biologique de l’ONU, Elizabeth Maruma Mrema, a souligné que les pollinisateurs sont actuellement en déclin, bien qu’ils jouent un rôle essentiel pour la nature et l’agriculture. 

«Leur population a dégringolé principalement en raison de la fragmentation de leurs habitats, le changement d’utilisation des terres, l’usage de produis chimiques et de pesticides, une pratique intensive de l’agriculture et les changements climatiques», a-t-elle énuméré. 

La métropole québécoise joue un rôle de leader dans la conversation de la biodiversité et peut servir d’exemple aux autres villes dans le monde, estime Mme Mrema, qui a salué l’initiative.  

Le plan de protection présenté correspond à l’un des 21 objectifs du cadre mondial de la biodiversité post-2020 qui sera discuté au moment de la COP15, du 7 au 19 décembre. 

Ce cadre milite pour une augmentation des espaces verts et bleus dans les zones urbaines et densément peuplées pour la santé et le bien-être humains. 

«Comme la majorité de la population habite en milieu urbain partout à travers la planète, et bien, les villes ont un rôle majeur à jouer dans la protection de la biodiversité et le maintien de la qualité de vie», a soutenu Mme Plante. 

Le parti Ensemble Montréal formant l’opposition officielle à l’hôtel de ville de Montréal a dit, pour sa part, trouver «dommage» que l’administration de la mairesse ait attendu la tenue prochaine de la COP15 pour dévoiler son plan quatre ans après avoir pris l’engagement de développer une telle politique. 

Mme Mrema espère que le rendez-vous de l’ONU se conclura par l’adoption d’un cadre mondial «transformateur, réaliste et ambitieux» qui permettra aux décideurs de baser leurs actions futures pour renverser le déclin des pollinisateurs. 

Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Meta et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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