Moreau somme le démantèlement d’installations contre Junex en Gaspésie

Un groupe militant bien connu opposé aux activités pétrolières en Gaspésie est exhorté à «démanteler (ses) installations illégales» et à libérer les lieux dès maintenant, selon le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles et ministre responsable de la région de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Pierre Moreau.

Dans le communiqué publié vendredi soir, M. Moreau parle d’«occupants sans droit qui ont pris possession d’une partie du territoire public gaspésien en y faisant une coupe à blanc».

Un porte-parole du groupe militant Environnement Vert Plus, Pascal Bergeron, s’est étonné en entrevue de cette communication publique, disant que des inspecteurs avaient simplement constaté la présence d’«installations temporaires sur le site» plus tôt vendredi.

Ces militants ont installé un campement sur le bord de la route 198, à environ vingt minutes de route de Gaspé, «au coin du chemin d’accès vers les sites Galt 4 Galt 5» de l’entreprise pétrolière Junex, a indiqué M. Bergeron.

En fait, les gestes d’occupation en opposition à l’exploration et l’exploitation pétrolière en Gaspésie persistent depuis août 2017 dans le secteur.

«On a de la misère à voir ce que le ministre veut dire par occupation illégale et coupe à blanc», a affirmé en entrevue téléphonique M. Bergeron.

Selon le porte-parole du groupe militant, il y a présentement une yourte et une tente prospecteur sur le terrain, qui ont pris quelques jours à installer. Et il assure que le bois utilisé vient de dons de résidants.

«Les deux inspecteurs — de la MRC de Côte-de-Gaspé et du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles — ont constaté des installations temporaires sur le site. (…_ Advenant qu’ils détermineraient que nos installations sont permanentes — parce que c’est ça qui est illégal en territoire public —, ils nous enverraient un avis, nous demandant de leur démontrer qu’elles sont temporaires, ou de les retirer», a-t-il exposé.

Selon lui, la sortie du ministre résulte de l’approche d’un événement — un «camp de formation de désobéissance civile» — organisé à partir de vendredi prochain, le 25 mai, par Environnement Vert Plus et le Camp de la rivière Galt-Junex.

Une invitation sur Facebook parle d’«ateliers», notamment sur les «barricades humaines» et l’«action directe non-violente».

«Un groupe de revendicateurs a procédé à la construction d’installations après avoir effectué une coupe à blanc. (…) Les protestataires ont le droit de s’exprimer et de manifester leur désaccord, mais ils doivent le faire dans le respect des lois et des règlements», indique le communiqué du gouvernement, publié vendredi soir.

«J’ai été informé de cette situation par les autorités municipales. (…) La situation actuelle ne peut être tolérée. Je demande aux occupants de démanteler les installations qu’ils y ont construites et de quitter les lieux immédiatement, en tout respect des lois et des règlements en vigueur. À défaut par eux de le faire, le gouvernement prendra les mesures qui s’imposent», affirme le ministre Moreau dans cette missive.

L’attachée de presse de M. Moreau, Catherine Poulin, a indiqué en entrevue téléphonique que les gens concernés ont coupé du bois sans autorisation pour faire des camps qui pourraient être permanents.

«Je ne sais pas si ce sont les bons mots, mais ils s’installaient à demeure», a-t-elle affirmé.

«On doit faire respecter la loi. On a des communications, on a une direction régionale en Gaspésie, on va suivre ça», a ajouté l’attachée de presse.