Morneau espère que la menace de tarifs canadiens fera reculer Washington

WHISTLER, C.-B. — Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, dit espérer que la menace de représailles convaincra la Maison-Blanche de revenir sur sa décision d’imposer des tarifs douaniers sur les exportations d’acier et d’aluminium de ses alliés du G7.

L’entrée en vigueur de ces tarifs américains survient alors que Bill Morneau préside une rencontre avec ses homologues du G7 à Whistler, en Colombie-Britannique. L’ordre du jour de l’événement a été bousculé par des discussions sur le protectionnisme et sur la crainte d’une guerre commerciale de longue durée.

Le gouvernement fédéral n’est pas encore prêt à discuter d’un éventuel soutien ou même d’un plan de sauvetage pour les secteurs canadiens pris sous les feux croisés, a indiqué le ministre Morneau.

Ottawa tâche pour l’instant d’utiliser les mesures de rétorsion annoncées pour inciter l’administration de Donald Trump à faire marche arrière avant que l’impact de ses tarifs ne se fasse sentir sur l’économie canadienne.

Le gouvernement de Justin Trudeau a répondu aux nouveaux tarifs américains avec ses propres surtaxes, qui ne seront toutefois pas appliquées avant le mois de juillet.

M. Morneau juge les tarifs absurdes et signale qu’ils coûteront des emplois de part et d’autre de la frontière. La riposte canadienne «démontre notre opinion selon laquelle c’est contre-productif», a-t-il expliqué vendredi.

«On fait du tort aux gens aux États-Unis, on fait du tort aux gens au Canada. Ça n’aide aucune de nos économies et ce ne sera certainement pas une discussion positive autour de la table plus tard aujourd’hui», a-t-il reconnu.

Le ministre français de l’Économie, Bruno Lemaire, qui était aussi en Colombie-Britannique vendredi, a joint sa voix à celle de Bill Morneau en indiquant que les tarifs sur l’aluminium et l’acier imposés par Donald Trump «font courir un risque à la croissance économique mondiale».

M. Lemaire a aussi affirmé que sur la question du commerce, «ce G7 n’est pas un G7, mais plutôt un G6 plus un».

«Il y a d’un côté les États-Unis qui défendent seuls cette augmentation des tarifs, qui n’est pas la bonne réponse à la question des surcapacités sur l’acier et l’aluminium. Et puis j’ai vu six autres États qui ont tous passé les mêmes messages aux États-Unis; nous sommes alliés et nous ne pouvons pas comprendre les décisions américaines», a affirmé le ministre français.

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