Mort de la reine: le rôle de la royauté questionné au sein d’unités de l’armée

OTTAWA — La mort de la reine Élisabeth II a privé plus d’une douzaine d’unités des Forces armées canadiennes d’un chef hautement symbolique, ce qui a amené un expert à se demander comment ces postes seront pourvus à l’avenir.

Selon le ministère de la Défense nationale, en plus d’être la plus ancienne commandante en chef des Forces canadiennes, la reine a occupé des postes honorifiques au sein de 18 unités militaires.

La souveraine a notamment été capitaine générale du Régiment royal de l’Artillerie canadienne, commodore de l’air en chef de la Réserve de l’Aviation royale canadienne et colonelle en chef de 14 régiments et branches juridiques.

Même si le titre de commandant en chef des Forces armées canadiennes est automatiquement transféré au décès de la souveraine au nouveau roi, Charles III, des responsables soulignent que des postes occupés par la défunte Élisabeth II sont maintenant vacants.

Cela ouvre la porte à un débat au sein des Forces armées canadiennes, déclare le professeur de l’Université Carleton, Philippe Lagassé, l’un des plus éminents experts du Canada sur les relations entre les militaires, le Parlement et la Couronne.

«Vers qui se tourneront-ils? Est-ce qu’on aura moins tendance à accorder ces fonctions aux membres de la famille royale?», a ouvertement questionné M. Lagassé.

«On se demande s’il s’agit toujours d’une bonne pratique», a-t-il souligné.

De nombreuses unités militaires sont également étroitement associées à d’autres membres de la famille royale, y compris le roi. Avant d’accéder au trône, le prince Charles était nommé lieutenant-général de l’armée canadienne et colonel en chef honoraire de sept régiments.

Ces nominations, rattachées à la personne, deviennent vacantes à son décès.

Selon le ministère de la Défense, les personnes occupant ces postes sont «perçues comme les gardiens des traditions et de l’histoire du régiment, faisant la promotion de l’identité et de l’éthos du régiment et conseillant le commandant sur pratiquement toutes les questions, à l’exception des opérations».

Bien que cela s’applique également aux colonels honoraires, les nominations royales sont faites par le monarque et impliquent habituellement des membres de la famille royale. Les colonels honoraires, qui sont de grade inférieur, sont recommandés par les unités et impliquent d’éminents Canadiens ou d’anciens combattants.

Il y a eu une exception à la tradition voulant que des membres de la famille royale servent comme colonels en chef, lorsque l’ancienne gouverneure générale Adrienne Clarkson a pris la relève du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry en 2007.

Plus récemment, la tradition a été scrutée à la loupe lorsque le plus jeune fils de la reine, le prince Andrew, a renoncé à ses commandements honorifiques dans trois unités militaires canadiennes en raison d’un scandale lié à son amitié avec le délinquant sexuel Jeffrey Epstein.

Les unités ont avantage à avoir des représentants influents parce que cela rehausse leur profil, leur moral et encourage le soutien du public, a déclaré Philippe Lagassé, qui se demande si c’est toujours pertinent que ces fonctions reviennent à la famille royale.

La mort de la reine Élisabeth II a eu d’autres répercussions sur les organisations militaires, au-delà des postes honorifiques vacants, notamment en ce qui concerne les changements de terminologie.

Le ministère de la Défense a indiqué que la plupart de ces changements sont automatiques en raison de la loi et qu’ils seront officiellement mis à jour dans des publications et ailleurs au fil du temps.

Il faudra cependant plus de temps pour mettre à jour les décorations et les prix militaires, qui continueront de porter l’image et les armoiries de la reine jusqu’à ce que le roi Charles ait signé ses propres effigie et monogramme royaux.

Un officier supérieur de l’armée a dit que la même chose s’est produite lorsque des prix portant l’image du roi George ont continué d’être remis pendant environ deux ans après sa mort et l’accession de la reine Élisabeth II en 1952.

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