Mort de Marylène Levesque: les conservateurs maintiennent la même théorie

OTTAWA — Après plus d’un an d’enquêtes diverses, les conservateurs à Ottawa  réitèrent que la Commission des libérations conditionnelles est à blâmer pour la mort de Marylène Levesque.

Pourtant, en janvier dernier, le comité d’enquête nationale conjointe sur les circonstances de cette mort a publié un rapport où il ne reproche rien à la commission.

L’enquête a plutôt conduit le Service correctionnel du Canada (SCC) à reprendre en main la surveillance de tous les détenus en semi-liberté et à mettre fin aux contrats de surveillance avec des Centres résidentiels communautaires, arrangement qui n’existait qu’au Québec.

Un comité parlementaire a néanmoins continué à se pencher sur l’affaire. Il faisait rapport mardi. Les conservateurs ont produit un rapport dissident.

Depuis le début de cette affaire, les élus conservateurs ont reproché au gouvernement sa façon de nommer les membres de la Commission des libérations conditionnelles, qualifiant d’incompétentes les personnes choisies par le gouvernement Trudeau.

«C’est ce qu’on présumait et c’est ce que les témoignages ont confirmé», a avancé le député conservateur Pierre Paul-Hus au cours d’une conférence de presse, mardi, brandissant son rapport dissident

«C’est très politique», a-t-il ajouté pour expliquer que les autres membres du comité parlementaire n’ont pas choisi de le suivre.

Libéraux, néo-démocrates et bloquistes ont, chacun de leur côté, émis un rapport «complémentaire», devant l’absence de consensus.

«On se doit de déposer un rapport dissident qui met en évidence ce qui s’est passé vraiment (…) et donc les recommandations qui vont dans le sens exactement de ce qu’on pensait il y a un an», a insisté le député Paul-Hus.

Les députés de tous les autres partis ont émis des recommandations pour certaines améliorations à la Commission des libérations  conditionnelles et au Service correctionnel du Canada.

Et puis, les élus libéraux ont recommandé que la législation sur le travail du sexe soit révisée; les néo-démocrates sont allés jusqu’à en réclamer la décriminalisation complète.

Le 22 janvier 2020, Eustachio Gallese, en semi-liberté, a tué Marylène Levesque, une femme qu’il avait rencontrée grâce à une permission obtenue au printemps précédent de fréquenter des «établissements de massages érotiques». Cette permission, donnée par son agente de libération conditionnelle, lui avait été retirée par la Commission des libérations conditionnelles en septembre 2019.

À son procès, en février 2020, Gallese a reconnu avoir fait fi de cette interdiction. Il a plaidé coupable aux accusations de meurtre au premier degré.

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