Mort du PDG de Savoura: la balise de repérage de l’hélicoptère était défaillante

MONTRÉAL — L’hélicoptère dans lequel ont péri le président de Savoura et son fils adolescent était muni d’une pièce d’équipement défaillante, soit sa radiobalise de repérage d’urgence, indique le Bureau de la sécurité des transports (BST) dans un avis rendu public jeudi.

Après la disparition de l’hélicoptère, aucun signal provenant de la radiobalise de repérage d’urgence (ELT) n’a été reçu par les autorités, ce qui aurait pu les aider dans leurs recherches de l’appareil.

Stéphane Roy, âgé de 55 ans, et son fils de 14 ans, Justin, avaient pris place à bord de l’hélicoptère le 10 juillet dernier, dans le cadre d’un voyage de pêche. Ils ne sont jamais arrivés à destination.

L’appareil n’a été localisé que le 25 juillet, soit 14 jours après avoir été porté disparu, dans un secteur boisé près du lac Valtrie, dans les Laurentides, au nord du parc national du Mont-Tremblant.

L’hélicoptère avait subi des dommages importants et son pilote, M. Roy, ainsi que son fils ont péri dans l’accident, indique le BST dans son «avis de sécurité aérienne».

Dans le cadre de son enquête sur l’écrasement, la radiobalise (ELT) de marque Kannad a été analysée au Laboratoire d’ingénierie du BST à Ottawa. Les tests ont révélé qu’elle était fonctionnelle, que sa batterie était au maximum de sa capacité, et que l’antenne était en bon état.

Sauf que son interrupteur était à la position «arrêt» («OFF» sur la balise). Un signal de détresse aurait été transmis après l’impact si l’interrupteur avait été à la position «activée» («ARM» sur la balise), indique le BST.

Un examen plus approfondi du système de verrouillage de l’interrupteur a révélé que les butées de verrouillage entre la position «OFF» et la position «ARM» étaient brisées. Ce bris permettait donc à l’interrupteur de basculer librement entre ces deux positions. Des tests ont été effectués et ont révélé que l’interrupteur basculait à «OFF» lors d’un impact.

Selon l’information recueillie, l’ELT de cet hélicoptère avait fait l’objet d’une inspection périodique peu de temps avant l’accident par un organisme de maintenance agréé, qui n’avait pas détecté le bris.

Le laboratoire a ensuite examiné deux autres radiobalises du même modèle et une était également défectueuse.

«Comme le montre l’événement à l’étude, si l’interrupteur d’une ELT peut basculer à la position « OFF » lors d’un impact, les opérations de recherche et sauvetage d’un aéronef porté disparu peuvent être retardées, ce qui diminue par le fait même les chances de survie des occupants», écrit le BST dans son rapport public.

Comme il y aurait environ 65 000 balises ELT de ce modèle en marché, le BST avise leur fabricant Orolia et Transports Canada du problème et demande que les procédures d’inspection périodique de ces radiobalises soient révisées afin qu’une telle défaillance puisse être détectée et corrigée.

L’enquête du BST sur cet accident d’hélicoptère se poursuit.

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