Mort d’un homme noir aux mains du SPVM jeudi: la mairesse Montgomery en colère

MONTRÉAL — La mairesse de l’arrondissement montréalais de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Sue Montgomery, réagit avec colère à la mort d’un homme noir qui a été atteint par au moins un projectile d’arme à feu tiré par la police de Montréal, tôt jeudi matin, dans le sud-ouest de l’île.

Dans un texte publié sur Facebook, la mairesse Montgomery écrit que «le meurtre insensé de personnes racisées doit prendre fin» et ajoute que «le racisme systémique est indéniable, qu’il est présent au SPVM et dans toutes les sphères de notre société».  

Elle déplore que dans Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, il existe une triste et tragique histoire de violence policière contre les hommes noirs. Elle rappelle à cet effet les morts violentes d’Anthony Griffin, il y a plus de 30 ans, et de Nicholas Gibbs en 2018.  

À son avis, la tragédie de jeudi renforcera la méfiance envers la police.

C’est le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) qui devra faire la lumière sur ce qui s’est passé jeudi. Selon ce qu’il a appris jusqu’ici, l’homme était en crise et il aurait foncé vers des agents de police du SPVM avec un couteau à la main lorsqu’il a été atteint; il a succombé à ses blessures plus tard, à l’hôpital.

Il venait, semble-t-il, de se montrer menaçant à l’endroit d’un automobiliste.

La Fraternité des policiers et des policières de Montréal a parlé vendredi de «déclarations totalement irresponsables» de la part de Mme Montgomery.

Le président du syndicat, Yves Francoeur, a affirmé par courriel qu’il s’agissait de déclarations «clairement indignes de sa fonction».

«Les policiers et policières de Montréal ont l’obligation de neutraliser les menaces contre la vie des citoyens et citoyennes ou contre la leur. C’est malheureusement le cas même lorsque la personne qui fonce avec une arme sur les policiers ou sur le public est en crise. Un couteau n’est pas une arme banale. On a vu en France cette semaine les dommages que cette arme peut faire en peu de temps», a fait valoir M. Francoeur.

Sue Montgomery estime que la confiance entre le SPVM et la communauté doit être bâtie avec une approche de police communautaire. Elle réclame un corps policier qui connaît les membres vulnérables de la communauté et les diverses communautés culturelles.

Elle rappelle que le SPVM est redevable devant le conseil municipal et l’ensemble de la population.

Huit enquêteurs du BEI tenteront de déterminer ce qui s’est passé jeudi, avec l’aide de la Sûreté du Québec (SQ) qui agira comme corps de police de soutien.

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