Mort d’un itinérant autochtone: Ottawa réclame plus d’humanité de la part de Legault

OTTAWA — Le ministre fédéral des Services aux Autochtones critique le refus de François Legault d’exempter les itinérants des règles de couvre-feu.

Mercredi après-midi, le ministre Marc Miller a voulu parler de la mort de Raphaël André, cet Innu retrouvé dans une toilette chimique à Montréal, dimanche.

Le ministre a entamé le point de presse hebdomadaire sur le nombre de cas de COVID-19 dans les communautés autochtones en présentant ses condoléances aux proches de M. André.

«Une tragédie comme celle-ci aurait pu être évitée», a-t-il déclaré.

Invité à commenter la décision du premier ministre Legault d’imposer le couvre-feu de 20h à tous, y compris les itinérants, le ministre n’a pas mâché ses mots.

«J’aurais voulu voir plus de flexibilité de la part du premier ministre du Québec. Je me range directement avec la position prise par la mairesse (Valérie) Plante à ce niveau-là», a dit M. Miller.

«Il faut les traiter avec humanité», a-t-il dit à propos des itinérants.

«Une loi qui force un couvre-feu et qui force quelqu’un à prendre une décision de prendre refuge dans une toilette chimique, évidemment, ça va au coeur du débat. Il faut montrer plus d’humanité, selon moi», a-t-il insisté.

Le ministre Miller a également affirmé que ce qui a conduit à la mort de l’homme dans les rues de Montréal n’est pas un manque de ressources. Selon lui, tous les paliers de gouvernement ont manqué à leurs devoirs dans ce cas-ci.

Mardi, le premier ministre Legault avait dit craindre, s’il y avait exemption, de voir tout promeneur après 20h tenter de se faire passer pour un itinérant. 

Mercredi, il a confié à son ministre responsable des Affaires autochtones la tâche de répondre aux reproches.

«De la flexibilité, on en a énormément», a protesté le ministre Ian Lafrenière, citant le peu de constats d’infraction distribués à des itinérants par la police montréalaise.

«Je comprends mon collègue M. Miller qui veut le bien de la communauté. On veut tous la même chose. Là où je ne suis pas d’accord, c’est de venir dire que (…) notre approche, parce qu’on met le couvre-feu pour sauver des vies, ce n’est pas la bonne approche», a insisté M. Lafrenière, en entrevue téléphonique.

Et comme M. Legault, le ministre Lafrenière croit que s’il y avait exemption pour les itinérants, «des gens créatifs» en profiteraient pour se prétendre itinérants et échapper au couvre-feu.

Le ministre Lafrenière a confié avoir passé une nuit d’insomnie à la recherche de solutions pour conclure qu’il n’y en a pas de «simples».

Il donne raison à son homologue fédéral sur une chose: «Le décès d’un homme par le froid, il faut tous se regarder dans le miroir en disant qu’est-ce qu’on aurait pu faire différemment?»

Mercredi matin, la mairesse de Montréal est revenue sur le refus de M. Legault, refus dont elle se «désole».

«Nous allons continuer à pousser (pour) cette exemption, mais également nous avons demandé au SPVM (Service de police de la Ville de Montréal) de continuer à faire preuve de beaucoup, beaucoup, beaucoup de discernement», a déclaré Mme Plante lors de la réunion du comité exécutif de la Ville.

Par ailleurs, le ministre Miller qualifie de «lueur d’espoir» la décision de la santé publique montréalaise de vacciner la population itinérante, en priorité. Il a souligné que 925 doses ont été réservées à ce groupe qui se retrouve dans un milieu où se multiplient les éclosions.

Ottawa rapporte 5571 cas actifs de COVID-19 sur les réserves. Ceci porte le nombre total de cas à 13 873 dans les communautés autochtones vivant sur les réserves. On a aussi compté 120 morts. Il n’y a pas de statistiques pour les membres des Premières Nations vivant hors réserve. 

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De l’humanité, Legault ne devrait pas avoir de misère à en manifester. C’est en effet ce à quoi il a exhorté le plus instamment et véhémentement lors de son Discours d’ouverture.

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À l’occasion de son 80e anniversaire, Denise Bombardier demandait en titre tout récemment si Biden serait ‘trop vieux’, puis déplorait en conclusion que les « vieux » soient « traités […] en itinérants au Québec ».

!

Cela, donc, ironiquement, au moment même où rapportait-on la mort d’un sans abri, de nuit, réfugié dans une toilette chimique par crainte de la police, en raison d’un couvre-feu enjoignant de rentrer chez soi.

Chez soi? Bien, pour qui habite dehors, retourner à domicile – rentrer chez soi ne consiste-t-il pas, logiquement et sensément, à — (pouvoir) — rester… dehors? Sans être « achalé » ?

Il semble qu’il ne faille pas s’attendre à telle intelligence de la chose de la part de gouvernant.e.s québécois.es à Québec. Ce semble éminemment au-delà de leur capacité d’entendement. Ce n’est pas la première fois, et ce n’est certes pas la dernière non plus, que quelque chose est compris, de part et d’autre de Québec, i.e. en Ville et à Ottawa, mais ne l’est pas à/par Québec.

F. Legault est, peut-être, un cas désespéré. Ce serait en sa nature et il n’y aurait rien à faire…

Tant que ça? Tant que ça.

Exemple? Oui, exemple. À l’entendre, jamais au grand jamais, ne dirait-il qqch pas vrai ou n’essaierait-il, lui, d’en ‘passer UNE’ (« p’tite vite »). Or, suffisait d’entendre H. Buzetti, l’autre soir (il y a deux semaines), s’exclamer à R.-C., indignée, qu’il avait été carrément «malhonnête» [sic] concernant ses propos ayant trait à l’une des affaires de vaccins ayant (eu) cours à ce moment-là.

La bonne foi n’est pas toujours au rdv. Le bon sens et le sens humain non plus. C’en fait pitié. Trop souvent.

Et y a-t-il plus. Au sens de moins.
Aujourd’hui a été question de ‘blocages au Bloc’? Or, ce n’est pas Y. F.-B. qui aurait inventé ça.
Ici même, il y a deux ans et demi très exactement, un journaliste blogueur avait fait part de quelque chose tout semblable lui étant arrivé émanant de nul autre que F. Legault. Si peu édifiant qu’il en avait intitulé son billet : « François Legault, le bloque Québécois ». Pitoyable, quoi, qu’un imminent PM fût assez ‘cheap’ pour avoir ‘discarté’ ainsi, comme ça, sans raison le moindrement valable, qqn aussi ‘bon gars inoffensif’ que celui-là. À qui s’en ajoutait une autre, également bloquée, et pas plus ‘maline’, Marilyse Hamelin. Pitoyable et pathétique, vous dis-je.

Si au moins, ça lui était « passé »… Eh non! Ç’a repris de plus belle ‘après’. Après même être devenu PM. Il a trouvé moyen en effet de ‘discarter’ e.g. un pas peu brillant, fiable et honnête journaliste de The Gazette. Sous prétexte qu’il lui eût attribué ou insinué du faux qui n’en fût point.

Irrécupérable. Cas désespéré. Prions Frère André…

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Hier encore, renouvelées, petitesse et bassesse. Manipulation, démagogie, fausseté.
Comme y répondait d’ailleurs entre autres Paul Arcand ce matin : « C’pas vrai ça ! ».

Faudrait-il donc, comme ielles ont dû le faire aux ‘États’, s’« habituer » aux faux — (en faire ou en dits) — émanant d’« en haut », même lorsque c’est très, très « bas » ?…

Ce serait là, paraît, LA ‘bonne façon’, l’unique, de ne « pas ‘se diviser’ »… Compris?

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