Moscou s’acharne sur Kherson, récemment libérée

KHERSON, Ukraine — Pour une deuxième journée consécutive, vendredi, un barrage de missiles a frappé la ville de Kherson récemment libérée, dans une escalade marquée des attaques depuis que la Russie s’est retirée de cette ville ukrainienne il y a deux semaines, après une occupation de huit mois. 

Cette escalade survient alors que la Russie a intensifié le bombardement du réseau électrique ukrainien et d’autres infrastructures civiles essentielles, dans le but d’augmenter la pression sur Kyiv. Les autorités estiment qu’environ 50 % des installations énergétiques de l’Ukraine ont été endommagées par les récentes frappes.

Le gouverneur ukrainien de Kherson, Yaroslav Yanushevych, a déclaré vendredi que les bombardements russes avaient tué 10 civils et blessé 54 autres la veille, alors que deux quartiers de la ville de Kherson étaient «sous des tirs d’artillerie massifs».

Des dizaines de personnes ont été blessées dans les frappes qui ont touché des bâtiments résidentiels et commerciaux, causant parfois des incendies. Les bombardements ont semé la destruction dans certains quartiers résidentiels qui n’avaient pas été touchés jusqu’ici par cette guerre, qui vient d’entrer dans son dixième mois.

Vendredi matin, les gens passaient au crible le peu qui restait de leurs maisons et magasins détruits. Plus tard dans la journée, une femme a été tuée, probablement par une roquette qui a touché une pelouse à proximité. Son corps immobile gisait sur le bord de la route. 

Les attaques aggravent ce qui est devenu une crise humanitaire majeure. Lorsque les Russes se sont retirés, ils ont détruit des infrastructures clés, laissant les résidents avec peu d’eau et d’électricité. 

À l’extérieur d’un immeuble d’appartements gravement endommagé, les habitants remplissent des seaux avec de l’eau accumulée sur le sol. Des employés de la morgue lavent leurs mains ensanglantées dans des flaques d’eau. À l’extérieur des immeubles bombardés, les habitants ramassent des débris et recherchent frénétiquement des proches, pendant que les ambulanciers aident les blessés.

La population de Kherson est passée de 300 000 à environ 80 000 depuis le début de la guerre. Le gouvernement a déclaré qu’il aiderait les gens à évacuer s’ils le souhaitaient, mais plusieurs disent qu’ils n’ont nulle part où aller.

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