Moustiques et virus du Nil occidental: la saison est peut-être décalée

MONTRÉAL — Même si l’été tire à sa fin et que les cas d’infections au virus du Nil occidental (VNO) tardent à faire leur apparition dans les hôpitaux québécois, les autorités de la santé refusent de se réjouir trop vite, car ils craignent que la saison n’ait été que décalée de quelques semaines au Québec. 

En entrevue à La Presse canadienne, le directeur national de santé publique Horacio Arruda a reconnu qu’aucun cas n’avait été recensé chez l’humain en date du 20 août, soit tout le contraire de 2018 qui avait été une année record avec 201 patients infectés par le VNO et 15 décès. 

«Habituellement, les gens peuvent se faire piquer en juillet et développer la maladie beaucoup plus tard, explique le Dr Arruda. Peut-être que ça va arriver de façon concentrée en septembre, mais de n’avoir aucun cas en août, c’est encourageant. Cependant, il faudra attendre pour voir si la saison n’est pas juste décalée. Bref, on dit qu’actuellement les gens peuvent encore l’attraper.»

Les premiers cas d’insectes infectés par le virus du Nil occidental (des pôles de moustiques positifs) ont été détectés dans les régions de Montréal et de la Montérégie, là où la maladie a frappé le plus fort l’an dernier. Horacio Arruda ne serait donc pas surpris que des cas d’infection au virus du Nil occidental fassent leur apparition en octobre.

«À mesure qu’on avance vers l’automne, il y a moins des moustiques, mais ce sont vraiment les premiers gels qui vont éliminer le risque», souligne le Dr Arruda.

Les symptômes et complications

Il y a des gens qui vont être infectés par un moustique, sans même s’en rendre compte puisqu’ils passent au travers sans nécessairement ressentir de symptômes, mais ce n’est pas le cas pour tout le monde et plus de gens sont à risque qu’on pourrait le penser.

«Les gens qui sont à risque de développer des complications, ce sont les gens en haut de 50 ans, les personnes qui ont des maladies chroniques ou sont immunosupprimées», souligne Horacio Arruda.

«La majorité va développer des symptômes qui ressemblent à une grippe avec des douleurs musculaires, mais un petit pourcentage peut développer des inflammations au niveau du cerveau (…) ce qui peut entraîner des complications jusqu’à la mort.»

 Un changement de culture s’impose

Pour le directeur national de santé publique, les Québécois doivent prendre les campagnes de sensibilisation au virus du Nil et de prévention au sérieux. Il croit même qu’un changement de culture s’impose pour inculquer l’importance de se protéger le plus possible contre les piqûres de moustiques. L’élimination des eaux stagnantes dans la cour, comme dans les piscines pour enfants, couvrir les poubelles, installer des moustiquaires sur les réservoirs d’eau de pluie n’est que quelques exemples, sans oublier l’utilisation du chasse-moustiques.

«Exactement comme pour la crème solaire, pour se protéger du soleil !, illustre-t-il. Il ne faut pas s’énerver et s’empêcher d’aller à l’extérieur, mais il faut qu’on se protège mieux.» 

L’effet des changements climatiques

Si le nombre d’infections au virus du Nil occidental dépend du type de printemps et d’été qu’on a eu, le temps chaud et humide favorisant la transmission par les moustiques, les changements climatiques semblent aussi aggraver la situation de l’avis du Dr Arruda.

Pour l’illustrer, il donne l’exemple de virus du sérogroupe Californie (VSC) qui ont fait leur apparition au Québec et qui sont aussi transmis par les moustiques. Ils peuvent causer des problèmes de santé graves tels que des atteintes neurologiques.

«C’est d’autres virus, qui ont divers noms puisqu’il y en a plusieurs, qui peuvent infecter l’homme et des mammifères comme les chevaux. On voit que ces virus qui étaient aux États-Unis ont tendance à migrer et à s’installer progressivement (…) et avec les changements climatiques, ça va augmenter au cours des prochaines années.»

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