Muskrat Falls: Legault dit comprendre la situation de Terre-Neuve-et-Labrador

François Legault refuse de se lancer dans une critique d’Ottawa, qui a accepté de revoir le montage financier du projet hydroélectrique de Muskrat Falls, au Labrador.

Le gouvernement Trudeau a annoncé, lundi, avoir conclu une entente avec le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador pour un refinancement du mégaprojet dont les dépassements de coûts auraient autrement dû être absorbés par les consommateurs terre-neuviens.

La Régie des services publics de la province laissait planer la menace d’une augmentation de 75 % des tarifs d’électricité dès 2021 si rien n’était fait pour stabiliser la situation.

En mêlée de presse, mardi au parlement, le premier ministre québécois a reconnu que Terre-Neuve «a un problème énorme». François Legault fait valoir que la facture du projet, initialement évaluée à 6,2 milliards $, a explosé pour atteindre près de 13 milliards $.

Il a rappelé que la fédération canadienne joue également un rôle pour maintenir l’équilibre au niveau financier. «On reçoit de la péréquation. Il y a des programmes quand arrivent des inondations», a-t-il souligné.

Le premier ministre Legault a aussi mentionné au passage que le gouvernement libéral de Dwight Ball avait hérité d’un «dépassement astronomique» du gouvernement conservateur précédent, ajoutant que «13 milliards $, pour Terre-Neuve, c’est énorme. Ils ont une difficulté financière importante». Dans ce contexte, il est à son avis normal pour la province d’avoir des discussions avec Ottawa «pour essayer de voir comment, financièrement, Terre-Neuve peut passer au travers».

La décision d’Ottawa a soulevé l’ire du chef bloquiste, Yves-François Blanchet, qui reproche au gouvernement fédéral de subventionner avec l’argent des contribuables québécois une concurrence déloyale à Hydro-Québec.

Les détails du refinancement ne sont pas connus pour l’instant.

Les coûts du mégaprojet de barrage sur le cours inférieur du fleuve Churchill ont grimpé à plus de 12,7 milliards $ depuis son approbation en 2012, selon la dernière estimation de la société d’État Nalcor Energy, mais cette évaluation n’a pas été revue depuis 2017. Par ailleurs, le barrage devrait produire plus d’électricité que la province ne peut en vendre et en vertu de sa structure financière actuelle, ce sont les clients qui devaient combler le manque à gagner à partir de 2021.

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