N-B: les libéraux rejettent l’accord électoral proposé par le premier ministre

FREDERICTON — Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, dit vouloir prendre le week-end pour prendre sa décision sur le déclenchement d’élections anticipées à la suite du rejet de sa proposition par les partis d’opposition.

Le Parti libéral du Nouveau-Brunswick a rejeté la proposition du premier ministre conservateur Blaine Higgs, qui souhaitait conclure un accord pour éviter des élections jusqu’en 2022.

Le chef libéral Kevin Vickers a déclaré vendredi que M. Higgs avait brandi la menace d’une élection anticipée dans le seul but de maintenir son gouvernement minoritaire au pouvoir pendant encore deux ans.

M. Vickers estime que la façon dont M. Higgs a mené cette semaine les pourparlers avec les chefs des partis représentés à l’Assemblée législative est inacceptable.

«(On nous a) rappelé continuellement que si nous ne parvenions pas à un accord, il déclencherait des élections d’ici la fin de (…) la journée d’aujourd’hui, a déclaré M. Vickers lors d’une conférence de presse. C’était une négociation avec un fusil sur la tempe, totalement inacceptable pour moi et notre parti.»

Les libéraux ont quitté les discussions, ce qui pourrait ouvrir la voie à un éventuel déclenchement des élections par M. Higgs.

Le premier ministre a exprimé sa déception face à la décision des libéraux et a déclaré qu’il prendrait la fin de semaine pour décider de la suite des choses. Mais il n’a rien fait pour atténuer les spéculations entourant le déclenchement du scrutin.

«Nous serons prêts. Nous sommes prêts», a-t-il dit lorsqu’il s’est fait demander si son parti était prêt à partir en campagne.

Lundi, M. Higgs avait demandé aux leaders des partis de l’opposition de signer un accord formel pour ne pas déclencher d’élections avant septembre 2022, ou au plus tôt 30 jours après que les responsables de la santé publique auront déclaré la fin de la pandémie de COVID-19.

Les progressistes-conservateurs et les libéraux ont chacun 20 sièges à l’Assemblée législative, tandis que les verts et l’Alliance des gens en ont chacun trois. Il y a aussi deux sièges vacants et un indépendant.

Un «coup de force»

Le chef libéral a indiqué qu’il s’était déjà engagé à ne pas faire tomber le gouvernement avant le mois de mars, mais a dit qu’il n’était pas prêt à accepter le «coup de force» du premier ministre.

«Il est absolument irresponsable d’envisager l’idée d’organiser des élections pendant une pandémie majeure», a-t-il estimé, notant que les écoles vont bientôt rouvrir et que les personnes âgées sont inquiètes face à la COVID-19.

«On nous a dit lors de la réunion que c’était un créneau favorable, et je leur ai dit qu’on ne peut pas jouer un coup de dés avec la santé des gens», a affirmé M. Vickers.

Les négociations entre les progressistes-conservateurs, les libéraux, les verts et l’Alliance des gens ont commencé mercredi et se sont poursuivies jusqu’à vendredi.

Mais pour le chef de l’Alliance des Gens, Kris Austin, les libéraux ont quitté la discussion avant qu’une entente ne se concrétise.

«Nous sommes arrivés avec bonne foi. Les libéraux n’avaient aucune intention, c’était évident pour moi. Ils cherchaient à saboter le processus», a commenté M. Austin à sa sortie de la rencontre.

Le chef du Parti vert, David Coon, a affirmé s’être rendu à la rencontre avec scepticisme face au potentiel de réussite de l’opération, mais dit avoir trouvé le premier ministre sincère.

«Il a pris une initiative assez créative pour faire quelque chose qui n’avait jamais été fait. On a eu des échanges fascinants… mais au final, ça n’a pas fonctionné», a observé M. Coon.

Le premier ministre a notamment proposé la mise sur pied d’un comité gouvernemental multipartite pour faire face à la crise de la COVID-19, offrant aux autres partis une voix plus forte dans la prise de décisions en échange de leur engagement à ne pas forcer la tenue d’élections.

Blaine Higgs avait déclaré plus tôt cette semaine que si les pourparlers échouaient, des élections pourraient avoir lieu à l’automne compte tenu de «l’accalmie» dans le taux d’infections au Nouveau-Brunswick.

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