N.-B.: Chris Collins devra s’excuser et suivre une formation anti-harcèlement

FREDERICTON — Le président de l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick devra présenter des excuses et suivre une formation au terme d’une enquête sur des allégations de harcèlement.

Les membres d’un comité parlementaire ont décidé vendredi de sanctionner ainsi Chris Collins après avoir reçu, lundi, un résumé des conclusions d’enquêteurs indépendants. Ces derniers concluaient que les allégations contre M. Collins étaient fondées en partie.

Le nom de la présumée victime et le détail de ses allégations n’ont pas été rendus publics.

Le comité a pris les sanctions suivantes: M. Collins doit écrive une lettre d’excuses à la victime d’ici 30 jours et il doit compléter une formation anti-harcèlement durant cette même période, a précisé le comité dans un communiqué publié vendredi au terme d’une rencontre de 90 minutes.

Le comité s’est dit «satisfait que les mesures appropriées aient été prises dans ces circonstances», et il considère maintenant le dossier comme clos.

L’avocat de Chris Collins, T.J. Burke, a dit qu’il ne fournirait aucun commentaire vendredi.

Par contre, le chef du Parti vert, David Coon, a dit que le comité a échoué envers la victime.

«Ils n’ont pas su fournir un lieu de travail sûr et sans harcèlement à la victime. Le recours offert par le comité n’a été ni clair ni efficace. Nous devons offrir ces deux choses,» a-t-il indiqué après la rencontre.

M. Coon a précisé qu’il ne pouvait être en accord avec les recommandations puisque les membres libéraux du comité ont voté pour retenir de l’information essentielle, incluant un rapport de 11 pages de l’avocat du comité.

«Deuxièmement, ils se sont aussi opposés à entendre ce que la victime a dit à l’enquêteur concernant son souhait de potentielles sanctions,» a ajouté le chef des Verts.

David Coon a dit croire que la directive venait du bureau du premier ministre.

«Ça représente un niveau d’interférence politique qui a atteint un niveau étourdissant. Cela corrompt le siège même de notre démocratie,» conclut-il.

Un porte-parole du bureau du premier ministre a nié les allégations d’interférence avancées par M. Coon, et indiqué que la confidentialité avait été maintenue.

«Les seules personnes ayant eu connaissance du matériel présenté devant le comité ont été les membres assistant à la rencontre,» a écrit Carl Davies dans un courriel.

Le député progressiste-conservateur Ted Flemming a précisé que le vote a été de cinq contre trois. Les libéraux ont voté pour la décision alors que les membres de l’opposition s’y sont opposés.

«C’était vraiment nous et eux. On nous a fourni très peu de renseignements», a dit M. Flemming.

Les détails relatifs à la décision du comité étaient attendus plus tard vendredi.

Le premier ministre Brian Gallant avait annoncé au début avril que Chris Collins était suspendu du caucus libéral. Le bureau du premier ministre disait avoir été mis au courant de potentielles allégations de harcèlement en février, mais que la victime ne s’était manifestée que deux mois plus tard.

En mars, le gouvernement annonçait qu’un sous-comité de la législature avait été créé afin de développer une politique sur le harcèlement au travail au sein de l’Assemblée législative.

La membre du Parti progressiste conservateur Pam Lynch figure au sein de ce comité, mais précise qu’aucune rencontre n’a encore eu lieu.

«C’est frustrant. J’ai été appelée à siéger à ce comité et je m’attendais à ce que nous nous rencontrions bien avant cela, mais ce n’est pas le cas,» a-t-elle ajouté.

En mai, Chris Collins avait annoncé qu’il siégerait comme indépendant tout en poursuivant le gouvernement provincial pour diffamation.

Élu pour une première fois comme député provincial lors d’une élection complémentaire tenue en 2007, Chris Collins avait précédemment oeuvré comme conseiller municipal à Moncton. Il a même été brièvement nommé ministre sous l’ancien premier ministre Shawn Graham. M. Collins a été réélu député lorsque les Libéraux ont repris le pouvoir en 2014.