N.-B.: un médecin veut des excuses pour avoir été décrit comme le «patient zéro»

HALIFAX — Le médecin accusé d’avoir déclenché une éclosion de la COVID-19 dans le nord du Nouveau-Brunswick, le mois dernier, dit qu’il n’était pas le «patient zéro» et veut obtenir des excuses du premier ministre, Blaine Higgs.

Un avocat du Dr Jean Robert Ngola a écrit au premier ministre, appelant à la civilité et au respect dans le débat public. Il ajoute qu’il veut savoir comment ses informations de santé privées ont été publiées sur les réseaux sociaux.

M. Ngola a confié qu’il avait fait un aller-retour entre la région de Campbellton et le Québec pour aller chercher sa fille de quatre ans, parce que la mère de la fille devait assister à des funérailles en Afrique.

Il a admis qu’à son retour du voyage d’une nuit, il ne s’est pas isolé pendant 14 jours, mais il a dit que cela était conforme aux pratiques de ses collègues et supérieurs.

Il pense qu’il a peut-être attrapé le virus d’un patient ou d’un autre professionnel de la santé.

«Vous avez personnellement exprimé votre colère contre le Dr Ngola, le qualifiant d’irresponsable, et avez assuré le public que la GRC était chargée d’envisager de porter des accusations si cela était justifié. Le tout sans aucune preuve formelle ou une enquête qui serait terminée», indique l’avocat Joël Étienne, dans une lettre de 11 pages.

«Ces commentaires ‘Trumpiens’ étaient prématurés et imprudents, en plus de montrer un mépris flagrant pour la séparation des pouvoirs. Ils ont causé des dommages irréparables à la réputation et à la carrière du Dr Ngola.»

Il note que M. Ngola a reçu une lettre de son employeur le 28 mai l’informant qu’il avait été suspendu de ses fonctions.

En réponse, M. Higgs a soutenu jeudi qu’il n’avait jamais fait référence à M. Ngola par son nom — seulement qu’un travailleur de la santé était revenu du Québec sans s’isoler.

«Je suis assez à l’aise avec la position que j’ai prise, la façon dont j’en ai parlé et la réalité de l’évolution de cette situation», a déclaré M. Higgs.

M. Étienne a mentionné que Craig Hannaford — un enquêteur privé — a été engagé pour examiner l’affaire et en a tiré des conclusions préliminaires.

«Il n’y a aucune preuve crédible pour démontrer de manière suffisante que le Dr Ngola était le patient zéro de ce dernier groupe d’infections; certainement, le Dr Ngola n’a contracté aucune maladie à l’extérieur du Nouveau-Brunswick», a conclu M. Hannaford, selon la lettre.

Il a affirmé que M. Ngola devait avoir contracté le virus à partir d’un «vecteur» au Nouveau-Brunswick.

M. Étienne a déclaré que M. Ngola a été harcelé et a subi de la discrimination, et que le niveau d’intrusion dans les médias sociaux était sans précédent.

Il allègue qu’il y a eu des fuites gouvernementales qui ont révélé les informations médicales privées de M. Ngola, dans l’heure qui a suivi sa dernière communication avec les autorités sanitaires.

Par ailleurs, le Nouveau-Brunswick a signalé jeudi deux nouveaux cas de la COVID-19.

Le nombre de cas confirmés au Nouveau-Brunswick est de 153, dont 123 se sont rétablis.

Il y a eu un décès et le nombre de cas actifs est de 29. Cinq patients sont hospitalisés, dont un aux soins intensifs.

Pas trop vite avec les déplacements d’une province à l’autre

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse a tempéré l’idée qu’il pourrait y avoir des déplacements sans restriction entre les provinces de l’Atlantique, à compter du début de juillet.

Stephen McNeil a dit que même si la Nouvelle-Écosse est ouverte à la soi-disant «bulle atlantique», sa province ne peut pas encore fixer de date pour une telle idée.

M. McNeil a dit qu’il ne peut pas être plus précis tant que sa province n’est pas sûre que le nombre de cas de la COVID-19 reste faible dans toute la région.

Le premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard, Dennis King, a été un peu plus précis, à la suite d’une réunion des premiers ministres de l’Atlantique.

M. King a déclaré à CBC qu’il «semble y avoir un accord» pour une telle mesure, si la tendance à la baisse des cas de COVID-19 se poursuit dans la région.

Cependant, M. McNeil a dit que si la Nouvelle-Écosse continue d’aplanir sa courbe, la priorité de la province sera d’assouplir les restrictions dans la province.

Il a ajouté que sa province continuera de surveiller la présence du virus au cours des prochaines semaines pour s’assurer que le nombre de cas reste faible, et qu’il y a peu ou pas de propagation communautaire.

«Nous nous baserons sur la science pour décider quand lever ces restrictions», a dit M. McNeil.

Dans l’état actuel des choses, le premier ministre a déclaré que toute personne souhaitant venir en Nouvelle-Écosse est la bienvenue, tant qu’elle ne présente aucun symptôme de COVID-19 et peut s’isoler volontairement pendant 14 jours à son arrivée.

La Nouvelle-Écosse n’a rapporté aucun nouveau cas de la COVID-19, jeudi, maintenant son bilan à 1061 cas confirmés.