N-É: la GRC met fin à ses démarches pour repêcher un navire dans la baie de Fundy

HALIFAX — Les familles des pêcheurs qui sont morts lorsque leur dragueur à pétoncles a sombré dans la baie de Fundy étaient choquées et déçues en apprenant samedi que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) avait mis un terme à ses démarches pour récupérer le navire.

Le corps de police a déclaré que l’épave du Chief William Saulis, actuellement située à plus de 60 mètres sous l’eau et à deux kilomètres au large de Delap’s Cove, était à une trop grande profondeur pour que les plongeurs puissent enquêter en toute sécurité. 

Le bateau a coulé aux premières heures du 15 décembre avec un équipage de six personnes à bord. Un peu plus d’un mois plus tard, le 16 janvier, des images du bateau ont été captées par un véhicule sous-marin téléguidé.

Le corps du membre d’équipage Michael Drake a été retrouvé peu de temps après le naufrage du 15 décembre, mais Aaron Cogswell, Leonard Gabriel, Dan Forbes, Geno Francis et le capitaine Charles Roberts sont toujours portés disparus.

Une mère en deuil a affirmé que l’interruption des recherches était susceptible d’aggraver la douleur émotionnelle de son deuil.

«On traverse des montagnes russes et les montagnes russes arrivent au bord, s’arrêtent, et on s’écroule. On sait qu’ils ne le feront pas et c’est le dernier repos de notre fils», a confié samedi matin Lori Phillips, la mère d’Aaron Cogswell.

«Tout ce que je sais, c’est qu’ils sont maintenant déclarés disparus. Mais ils ne sont vraiment pas portés disparus. Ils savent où ils se trouvent. Aucun d’entre eux ne s’est échoué, donc ils savent qu’ils sont dans le bateau», a-t-elle ajouté.

Entre réussite et déception

Le sergent de la GRC Mark Bishop, le chef de l’unité de plongée du corps policier en Nouvelle-Écosse, a indiqué qu’il avait ressenti à la fois un sentiment d’accomplissement et de déception lorsque le bateau a été localisé.

Il a déclaré que le dragueur à pétoncles gisait trop profondément pour que les plongeurs de la police puissent enfiler leurs réservoirs en toute sécurité et descendre pour récupérer les corps qui pourraient encore être à bord. Les règles interdisent aux agents de la GRC de descendre plus bas que 48 mètres.

«J’ai été quelque peu déçu, mais je comprends également les complexités et les défis de la plongée dans cette zone avec une faible visibilité, des courants forts à certaines heures de la journée et des risques d’enchevêtrement et de piégeage», a indiqué le sergent Bishop, vendredi.

Les familles des victimes ont exhorté la GRC et le Bureau de la sécurité des transports à envisager toutes les méthodes possibles et sécuritaires pour récupérer les corps des membres d’équipage. Les familles demandent également que le bateau soit ramené en surface pour une enquête plus approfondie.

Les recherches du Chief William Saulis étaient une opération inhabituelle pour l’unité de plongée de la GRC sur la côte Est. «Entre les problèmes météorologiques, les problèmes des navires, la marée et les courants, ce n’était pas un processus rapide», a expliqué le sergent Bishop.

La GRC affirme qu’elle soutiendra les enquêtes menées par le Bureau de la sécurité des transports du Canada et le ministère du Travail et de l’Enseignement supérieur et continuera de fournir aux membres de la famille du soutien et des mises à jour.

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