N-É: plusieurs espèrent une réforme des foyers de soins de longue durée

HALIFAX — Janet Simm, qui a dirigé le plus grand foyer de soins sans but lucratif du Canada atlantique en temps de pandémie, voit des «éléments d’espoir» en 2021.

«Les vaccinations sont la lumière au bout d’un tunnel très, très, très difficile», a confié en entrevue la directrice générale de l’établissement de soins de longue durée Northwood, où sont survenus 53 des 77 décès liés à la pandémie dans le Canada atlantique.

«Mais nous ne pouvons pas perdre de vue toutes les mesures de prévention que nous devons maintenir en place.»

Environ 300 des quelque 1700 employés de l’établissement de Halifax ont reçu la première des deux doses requises du vaccin de Pfizer-BioNTech, a-t-elle déclaré, ajoutant que l’objectif était de faire vacciner tout le personnel d’ici mars.

Contrairement au Québec, qui a commencé à vacciner les résidants des foyers au même moment que les employés, la Nouvelle-Écosse a décidé d’inoculer les travailleurs en premier. Mais avec l’approbation du deuxième vaccin, celui de Moderna, les résidants pourraient commencer à recevoir leurs doses au début de la nouvelle année, selon Mme Simm. La Nouvelle-Écosse doit obtenir 3700 doses du vaccin de Moderna d’ici la fin du mois de décembre.

Mais malgré ces bonnes nouvelles, certains défenseurs des droits des personnes âgées plaident qu’il faut régler d’autres problèmes profonds et sous-jacents — allant du manque de personnel à des installations en mauvais état — pour éviter une autre tragédie.

L’éclosion de COVID-19 à Northwood a conduit à un examen l’automne dernier des procédures de la résidence, tandis qu’une enquête gouvernementale distincte s’est penchée sur le contrôle des infections dans tous les établissements de soins de la province.

En septembre, la Nouvelle-Écosse a annoncé qu’elle investissait 26 millions $ au cours de cet exercice budgétaire et 11 millions $ pendant les deux prochaines années pour former des équipes mobiles d’intervention contre les infections et ajouter du personnel d’entretien.

Une possibilité de reconstruire

Pourtant, alors que la province prend des mesures pour faire face aux menaces immédiates que représente la pandémie, la directrice de l’Association des foyers de soins de la Nouvelle-Écosse craint qu’il ne manque une volonté de créer une nouvelle vision des soins aux aînés.

«Les experts et même le premier ministre Trudeau ont reconnu que l’échec des soins de longue durée dans ce pays nous offre la possibilité de reconstruire de manière significative», a déclaré Michele Lowe dans un courriel.

«Les investissements qui ont été faits en Nouvelle-Écosse ont été bien accueillis et appréciés, mais ce n’est que le début d’un investissement fondamental et plus profond dans la vision des soins de longue durée en Nouvelle-Écosse.»

L’une des principales initiatives a été de mettre fin aux chambres partagées, ce qui, selon l’examen gouvernemental de l’automne dernier, a contribué à la propagation à Northwood.

Dans l’établissement Northwood au centre-ville de Halifax, le nombre de résidants est passé de 485 à 385, et la pratique du partage des chambres a en grande partie cessé, a assuré Mme Simm. 

«Nous nous sommes préparés avec succès pour une deuxième vague», a-t-elle souligné, notant qu’il n’y avait pas eu d’infection dans l’établissement depuis mai.

Elle a déclaré que Northwood avait également augmenté le nombre de soignants désignés — généralement des membres de la famille d’un patient — grâce à un programme de formation qui leur apprend comment éviter de propager le virus.

Une porte-parole du ministère de la Santé a déclaré mercredi que la province recevait 15 millions $ de financement fédéral pour le contrôle des infections, le personnel et pour toute autre aide au secteur des soins de longue durée.

Une demande en augmentation

En entrevue mercredi, Mme Lowe a affirmé que cet argent devrait être dépensé dans l’amélioration des infrastructures. «Certains (bâtiments) ont plus de 50 ans et n’ont pas de ventilation, il est donc certainement bon d’entendre que des fonds sont disponibles», a-t-elle déclaré.

Mais elle se demande si les gouvernements ont vraiment compris que le nombre d’aînés vulnérables, malades et ayant besoin de soins augmente rapidement. 

«Si l’on regarde sur huit ans, la demande dans tout le Canada doublera et le nombre de personnes atteintes de démence sera important», a-t-elle indiqué.

Janet Hazelton, présidente du Syndicat des infirmières de la Nouvelle-Écosse, souligne que la loi régissant les foyers de soins spéciaux dans la province n’a pas été réformée parce que l’Assemblée législative n’a pas siégé pendant une session complète depuis des mois.

«Nous continuons à faire pression, a-t-elle assuré. La COVID-19 a mis en lumière le manque d’heures de soins que reçoivent les résidants.»

Le syndicat, qui représente environ 1400 infirmières et infirmiers, a plaidé pour une moyenne de 4,1 heures de soins par résidant par jour, dont 1,3 heure de soins infirmiers. Cela signifierait, selon le syndicat, l’ajout d’environ 600 infirmières et de 1400 aide-soignants.

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