N.-É.: un officier de la GRC est resté à la maison pour éviter des confusions

HALIFAX — L’officier supérieur de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans le district où la tuerie de masse en Nouvelle-Écosse a eu lieu dit qu’il est resté chez lui pendant les événements parce que la présence d’un «col blanc» au poste de commandement aurait semé la confusion.

Dans son entretien le mois dernier avec l’enquête publique, Archie Thompson, qui a pris sa retraite environ six mois après les meurtres des 18 et 19 avril 2020, a déclaré que s’il avait quitté son domicile à environ 90 kilomètres au sud du poste de commandement et conduit sur les lieux, cela aurait soulevé des questions sur ce qui dirigeait l’opération.

À l’époque, l’officier vétéran était surintendant responsable du district du nord-est de la Nouvelle-Écosse de la GRC depuis près de quatre mois et il portait la chemise blanche d’un officier breveté.

Dans son entretien publié vendredi par l’enquête, M. Thompson a décrit les difficultés à joindre son commandant en second pour le district, le sergent d’état-major Steve Halliday, au téléphone pendant certains des moments de tension alors que le tueur conduisait une réplique de voiture de police le 19 avril et poursuivait ses meurtres dans la région de Wentworth.

Vingt-deux personnes, dont une femme enceinte, sont mortes avant que la police ne tire sur l’agresseur dans une station-service à Enfield, en Nouvelle-Écosse.

M. Thompson a déclaré que ses notes indiquaient qu’à 9h52 le 19 avril, M. Halliday lui avait envoyé un message disant «coups de feu tirés», puis n’avait pas été en mesure de fournir une autre mise à jour, car il était occupé. M. Thompson a précisé que plus d’une heure plus tard, à 10h57, M. Halliday a envoyé un autre message disant qu’ils avaient des problèmes majeurs et a téléphoné à son commandant 15 minutes plus tard pour lui transmettre des informations sur des décès supplémentaires.

Cependant, M. Thompson a souligné qu’être présent au poste de commandement où M. Halliday aidait le sergent-chef Jeff West, le commandant des interventions critiques, n’aurait pas aidé.

«Je ne voudrais pas faire ça et m’injecter dans l’enquête… Le grade, la couleur de l’uniforme ont tendance à avoir un impact quand je me présente», a-t-il dit.

Bien que le surintendant à la retraite ait déclaré que son rôle était de «faire avancer les ressources si nécessaire», il a indiqué qu’il avait entendu dire tout au long de la nuit que les agents de la GRC sur les lieux disposaient de suffisamment de personnel.

Interrogé par l’avocat de la commission s’il avait dû être sur les lieux pour déterminer cela, M. Thompson a répondu qu’il ne croyait pas que ce serait la procédure normale.

L’entrevue de M. Thompson a également indiqué qu’il faisait partie des personnes invitées par M. Halliday le matin du 19 avril à envisager d’informer le public que la police avait appris que le tueur était armé et conduisait une réplique du véhicule de la GRC.

M. Halliday a témoigné en mai qu’il avait confirmé que la réplique du véhicule était toujours portée disparue à 7h55 le 19 avril et avait noté vers 8h «cela doit être communiqué aux membres (de la GRC), à tous les organismes municipaux, aux services de police et aux postes frontaliers et nous devons le rendre public dès que possible.»

Les notes de M. Thompson indiquent qu’à 8h22, lui et M. Halliday «ont discuté de la nécessité de s’assurer que ces informations soient rendues publiques», et six minutes plus tard, il a appelé le surintendant en chef Chris Leather, le deuxième officier le plus haut gradé de la province, pour fournir «une mise à jour» et obtenir le numéro de Lia Scanlan, la directrice des opérations stratégiques.

M. Thompson a dit qu’il avait appelé Mme Scanlan à 8h39 et l’avait informée de la voiture de police identifiée, et elle a accepté d’appeler un sergent au poste de commandement. M. Thompson a dit à l’avocat chargé de l’enquête publique qu’il lui avait ensuite laissé l’affaire et que c’était la responsabilité de son ministère.

M. Halliday a témoigné en mai qu’il était surpris que le message concernant le véhicule n’ait pas été diffusé au public avant 10h17, plus de deux heures après l’enregistrement de ses notes le demandant.

Les avocats des membres de la famille ont critiqué le retard, notant quem pendant ces heures, au moins six personnes ont été tuées le 19 avril.

L’enquête a indiqué que le rôle précis que M. Leather aurait pu jouer dans le retard n’est pas clair et, dans un résumé publié le 17 mai, il a été précisé que l’enquête se poursuivait sur le rôle de M. Leather dans cette affaire. Il devrait témoigner la semaine prochaine.

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