Nathalie Normandeau demande l’arrêt des procédures en vertu de l’arrêt Jordan

QUÉBEC — L’ancienne vice-première ministre du Québec Nathalie Normandeau vient de soumettre au tribunal une requête en arrêt des procédures entamées contre elle, en vertu de l’arrêt Jordan.

Dans une lettre ouverte transmise aux médias, Mme Normandeau raconte jeudi qu’elle a été arrêtée il y a près de quatre ans et que son procès ne pourra probablement pas s’ouvrir avant la fin de 2020. Il s’agit, selon elle, de délais «cruels et inhumains» qui la confinent à «une situation personnelle et professionnelle intenable», d’autant plus qu’elle se dit, entre-temps, victime d’un procès sur la place publique.

L’ancienne ministre, qui a 51 ans, a été arrêtée dans le cadre d’une enquête portant sur l’octroi de financement politique en échange de contrats publics. On a porté contre elle plusieurs chefs d’accusation, mais un bon nombre d’entre eux ont été abandonnés en août dernier.

«Depuis près de quatre ans, j’offre ma collaboration au système de justice afin d’accélérer les délais pour la tenue de mon procès juste et équitable», écrit l’ex-politicienne.

«Je n’ai rien à cacher. J’ai toujours clamé mon innocence. J’ai toujours voulu un procès. Les délais que je subis sont cruels et inhumains. Le périple judiciaire dans lequel j’ai été happée me place dans une situation personnelle et professionnelle intenable. À 51 ans, je dois gagner ma vie.»

Elle ajoute qu’elle ne souhaitait pas déposer une requête en arrêt des procédures en vertu de l’arrêt Jordan, mais qu’en raison des délais qui s’allongent, elle a choisi de procéder ainsi.

Elle note que la gestion de l’audition de la requête sera entendue par le tribunal lundi prochain et ajoute qu’elle ne fera pas d’autre commentaire.

Mme Normandeau, son ex-chef de cabinet Bruno Lortie, l’ex-vice-président de Roche Marc-Yvan Côté, Mario W. Martel et France Michaud, de Roche, ainsi que l’ancien maire de Gaspé François Roussy, ont été arrêtés par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) en mars 2016 dans le cadre d’une enquête portant sur l’octroi de financement politique en échange de contrats publics.