NB: autre demande d’enquête sur des morts d’Autochtones aux mains de la police

WOODSTOCK, N.-B. — Un chef autochtone du Nouveau-Brunswick réitère jeudi sa demande de tenue d’une enquête indépendante qui se pencherait sur les deux récentes fusillades policières qui ont coûté la vie à deux Autochtones dans la province.

Chantel Moore et de Rodney Levi ont été abattus par la police le 4 et le 12 juin au Nouveau-Brunswick.

Le chef Tim Paul, de la Première Nation de Woodstock, au nord de Fredericton, ajoute que cette enquête devrait être dirigée par des Autochtones.

Dans un communiqué publié jeudi, le chef Paul rappelle au premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, que lorsque 14 chefs autochtones ont discuté avec lui par vidéoconférence la veille, ils ont été unanimes à réclamer l’établissement d’une enquête publique.

Or, le chef de la Première Nation de Woodstock déplore que le premier ministre ait évoqué une possibilité différente, une sorte d’unité d’intervention qui se pencherait sur les rapports antérieurs et leurs recommandations.

Cela ne suffit pas selon le chef Paul. À son avis, seule une enquête complète serait génératrice de vrais changements et permettrait aux Autochtones de livrer leurs témoignages sur des situations de discrimination.

Après la rencontre de mercredi, le ministre des Affaires autochtones du Nouveau-Brunswick, Jake Stewart, a déclaré que des leaders autochtones devraient être à la tête d’un processus d’enquête, peut-être une coprésidence.

L’enquête sur les morts de Chantel Moore et de Rodney Levi est dirigée par le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) du Québec, parce que le Nouveau-Brunswick ne dispose pas d’une telle instance. Des chefs autochtones contestent l’impartialité du BEI, soulignant que la moitié de ses enquêteurs sont d’anciens policiers.