Courriels malveillants à l’Université de Moncton: usurpation d’identité en cause

MONCTON, N.-B. – L’envoi de courriels malveillants à plusieurs centaines de membres de la communauté universitaire de l’Université de Moncton n’est pas dû à un acte de piratage, mais est le fait d’un cas d’usurpation d’identité, a indiqué le recteur de l’établissement, Raymond Théberge, dans un point de presse lundi après-midi.

L’un des messages contenant des éléments à caractère sexuel et haineux — qui visaient une étudiante — a été envoyé au moyen d’une adresse courriel de la Fédération des étudiantes et étudiants du campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM) par l’entremise d’un serveur se trouvant à l’extérieur du pays, a déclaré celui qui est aussi vice-chancelier de l’Université de Moncton.

En tout, 9000 messages issus de trois envois différents ont dû être retirés du service de messagerie électronique, a précisé M. Théberge, sans toutefois pouvoir dire combien d’étudiants et membres du personnel ont reçu ces éléments dans leur boîte de réception.

Le premier message a été transmis samedi matin, le deuxième en soirée le même jour et le troisième, qui était rédigé en anglais, dimanche soir, a affirmé le directeur des communications de l’Université de Moncton, Marc Angers.

Faisant le point sur la situation en fin d’après-midi, lundi, M. Théberge a souligné l’importance d’examiner en profondeur le système de communication informatique de l’université. Il a toutefois plaidé pour la prudence avant la prise de précautions techniques supplémentaires. Le recteur a fait valoir que le partage d’information est vital pour un établissement universitaire et que cette courroie de transmission ne doit pas être limitée.

«Prioritairement, c’est important de se pencher sur la question de l’accessibilité des carnets d’adresses et deuxièmement, c’est d’être capable de communiquer rapidement avec notre population étudiante de même qu’avec notre communauté au sens plus large (…), mais aussi il faut être très justes dans nos propos. Il faut faire attention (…), être rapides, mais justes.»

Selon des informations transmises plus tôt lundi par certains médias, les envois auraient été motivés par un désir de vengeance à l’endroit d’une étudiante de l’université. Du soutien a été apporté immédiatement à cette dernière, a assuré le recteur. L’administration universitaire collabore avec la Gendarmerie royale du Canada pour la suite de l’enquête visant à faire la lumière sur l’incident.

M. Théberge, qui a défendu le système de messagerie de son établissement, a affirmé que 90 pour cent des courriels indésirables circulant tous les jours parviennent à être interceptés. «Et on reçoit quand même 100 000 courriels par jour» a-t-il insisté.

Le recteur et vice-chancelier s’est dit outré qu’un individu ait distribué des messages inappropriés et dégradants aux membres de la communauté universitaire. Il condamne de tels gestes qui contreviennent au droit à un milieu de travail et d’études respectueux, sain et sécuritaire.