Négociation du secteur public: la CSQ aussi boycottera les forums de discussion

MONTRÉAL — Après la FTQ, la FIQ et l’APTS, c’est au tour de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) de refuser de participer aux forums de discussion mis en place par le gouvernement Legault dans le cadre de la négociation du secteur public.

Ce processus avait été présenté comme une «première» dans les négociations des secteurs public et parapublic visant à renouveler les conventions collectives de 550 000 employés de l’État.

C’est le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, qui avait annoncé la création de trois forums de discussion, lorsqu’il avait déposé les offres du gouvernement au demi-million d’employés de l’État, à la mi-décembre.

Les trois forums portent sur la réussite éducative, la santé du personnel et l’accessibilité aux soins pour la clientèle en hébergement de longue durée.

D’abord, vendredi dernier, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec avait été la première à annoncer qu’elle boycottera ces forums, y voyant une «distraction inutile». Le président de la FTQ, Daniel Boyer, avait dit estimer que c’est aux tables de négociation que ces questions doivent être discutées et réglées, et non à des tables parallèles.

Puis la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) et l’Alliance du personnel professionnel de la santé et des services sociaux (APTS) avaient adopté la même position: les problèmes sont connus, les solutions doivent être discutées aux tables de négociation, avaient affirmé les présidentes Nancy Bédard et Andrée Poirier.

Maintenant, c’est au tour de la CSQ de dire non merci. «Ces forums sont ni plus ni moins qu’une voie d’accotement. Plutôt que de discuter des propositions présentées par les parties aux tables de négociation, le gouvernement invente de nouvelles structures qui viendront détourner l’attention des réels enjeux dénoncés par nos membres», a dit la présidente de la centrale, Sonia Éthier.

La CSQ ne participera donc pas à ces forums, même si l’un d’entre eux porte sur la réussite éducative et qu’elle représente 125 000 membres dans le milieu de l’éducation, dont des professeurs, des professionnels de l’éducation et du personnel de soutien scolaire.

«S’il est sérieux dans cette démarche de dialogue, le gouvernement n’a qu’à se présenter aux tables de négociation et amorcer de véritables négociations», a ajouté Mme Éthier.

L’autre regroupement de syndicats d’enseignants, la Fédération autonome de l’enseignement, a fait savoir que pour le moment, elle comptait participer aux séances d’information concernant ces forums de discussion. La FAE se dit toutefois «très sceptique» face au processus et prendra sa décision plus tard concernant sa participation à ces forums.

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