Négociation du secteur public: l’APTS fera partie du front commun

MONTRÉAL — Le gouvernement du Québec aura finalement face à lui un front commun élargi pour la prochaine négociation du secteur public: l’APTS vient de monter dans le train.

Le front commun comptait jusqu’ici les trois grandes centrales syndicales: la CSN, la CSQ et la FTQ

Avec l’APTS, le front commun représentera quelque 420 000 syndiqués, a indiqué en entrevue Robert Comeau, président de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux.

«Ce qui est différent cette fois-ci, c’est qu’on est partenaire égal avec les trois autres. On a une  voix officielle et directe dans ce front commun là. On est plus visible», a expliqué M. Comeau.

Il est déjà arrivé que le front commun soit élargi, avec le Secrétariat intersyndical des services publics, dans les années 2005-2009. Le SISP comptait lui-même plusieurs organisations syndicales, dont l’APTS. Cette fois-ci, l’APTS est un partenaire à parts égales.

M. Comeau rapporte que ses membres avaient donné le mandat de former une alliance la plus large possible pour s’attaquer aux problèmes du réseau de la santé et des services sociaux, comme la pénurie de travailleurs, la surcharge de travail et la rémunération.

«La réalité qui nous rattrape tous: on parle d’inflation, on parle de pénurie de main-d’œuvre qui touche vraiment tous les secteurs, en éducation, en santé et services sociaux également. Donc, on croit qu’à 420 000 personnes, s’associer ensemble pour porter à la table les mêmes problématiques, c’est plus porteur», a expliqué M. Comeau.

De leur côté, les trois centrales se sont dites «fières» d’accueillir l’APTS, par la voix de leur président Éric Gingras (CSQ), Daniel Boyer (FTQ) et du premier vice-président de la CSN, François Énault.

«Pour nos organisations, cette nouvelle ronde de négociations sera la première occasion pour le prochain gouvernement du Québec de donner un nouveau souffle à tous nos réseaux publics, gravement mis sous pression par la  pénurie de main-d’œuvre et par la pandémie», ont-ils commenté dans une déclaration conjointe.

Lors de la dernière négociation du secteur public, il n’y avait pas eu de front commun intersyndical. Et cela a sans doute joué dans le fait que la négociation s’était éternisée, avec des demandes disparates, en plus d’avoir eu lieu en pleine pandémie.

L’APTS avait formé une alliance avec la FIQ, la grande organisation syndicale des infirmières, mais cette alliance n’avait pas tenu jusqu’au bout. L’APTS avait d’ailleurs tenu quelques journées de grève.

L’APTS compte 65 000 membres dans les différents établissements de santé et les centres jeunesse. Ce sont par exemple des technologues en imagerie médicale,  des travailleuses sociales, des psychologues, des orthophonistes, des psychoéducatrices, des diététistes-nutritionnistes.

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