New York désigne Times Square comme une «zone sans armes à feu»

NEW YORK — Au milieu des écrans géants et des enseignes lumineuses du célèbre Times Square de New York, de nouvelles enseignes proclament désormais que l’endroit fortement achalandé est une «zone sans armes à feu».

Ce lieu très prisé des touristes de passage à Manhattan fait partie d’une liste d’endroits «sensibles» — qui inclut des parcs, des églises et des théâtres — où le port d’une arme à feu sera interdit en vertu d’une nouvelle loi de l’État de New York devant entrer en vigueur dès jeudi. Cette mesure a été adoptée en réaction à une décision de la Cour suprême des États-Unis ayant invalidé, en juin dernier, une loi new-yorkaise sur le contrôle des armes à feu remontant à 1913.

La nouvelle loi vient également resserrer sérieusement les critères encadrant la délivrance d’un permis de port d’armes.

Alors que 50 millions de touristes visitent Times Square chaque année, la place publique est l’une des plus fréquentées et des plus densément occupées des États-Unis. L’endroit est tout désigné, ont soutenu les autorités, pour être déclaré «zone sans armes à feu».

«Nous sommes réellement obligés de le dire: c’est une zone sans armes à feu», a déclaré le maire Eric Adams, qui a admis être abasourdi de voir que la Ville doit installer des affiches sur le pourtour de son quartier des affaires afin de rappeler aux gens de ne pas porter d’armes.

Les policiers ont commencé à installer des affiches temporaires en bordure des rues. Jeudi, des panneaux numériques seront ajoutés pour bien indiquer l’entrée en vigueur de l’interdiction.

«J’aimerais tellement que ce ne soit pas un sujet dont on doit parler aujourd’hui, a commenté la gouverneure Kathy Hochul lors de la même conférence de presse. Sans la décision de la Cour suprême rendue à la fin du mois de juin, nous n’aurions pas cette conversation.»

New York fait partie d’une demi-douzaine d’États ayant vu leur loi encadrant l’accès aux armes à feu être invalidée par le tribunal.

La Cour suprême a invalidé la loi parce qu’elle exigeait au demandeur de prouver qu’il avait un «motif raisonnable» pour posséder un permis de port d’armes. Vendredi dernier, la gouverneure Kathy Hochul a révélé que ses collègues démocrates et elle-même avaient agi dès la semaine suivant le verdict parce que cette décision venait «détruire la capacité du gouverneur de protéger ses citoyens contre les personnes qui décident de porter des armes partout où ils vont».

Cette nouvelle loi fait cependant déjà face à des contestations judiciaires de la part de propriétaires d’armes qui prétendent être restreints dans leur droit constitutionnel.

«Elle semble être conçue moins dans l’objectif de prévenir la violence par arme à feu et plus dans l’objectif d’empêcher les gens d’avoir des armes — même si ces gens sont des citoyens dignes et respectueux des lois, qui ont le droit de porter des armes selon la Cour suprême», a critiqué l’avocat de Brooklyn et demandeur de permis Jonathan Corbett qui fait partie de l’un des nombreux opposants défiant la loi devant les tribunaux.

Selon les critères de la nouvelle loi, les demandeurs de permis de port d’armes vont devoir suivre une formation de 16 heures en classe ainsi qu’une formation de deux heures de maniement d’armes.

Les citoyens ordinaires n’auront par ailleurs pas le droit de porter une arme dans une école, dans une église, dans le métro, au théâtre ou dans un parc d’attractions — parmi une liste de lieux jugés sensibles par les autorités.

De plus, les demandeurs vont aussi devoir fournir la liste des comptes qu’ils ont alimentés sur les médias sociaux au cours des trois dernières années afin de permettre aux autorités d’effectuer une analyse de leur personnalité et de leur comportement.

Cette exigence a été ajoutée à la procédure parce que de nombreux auteurs de tueries ont publié en ligne des indices de leur comportement violent bien avant d’ouvrir le feu sur leurs victimes.

Dans certains comtés, les shérifs ont fait savoir que ce travail de vérification supplémentaire pourrait entraîner un prolongement des délais d’attente dans le traitement des demandes de permis.

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Maysoon Khan est membre de l’initiative de l’Associated Press et de Report for America pour les nouvelles. Il s’agit d’un programme national à but non lucratif qui permet à des journalistes de couvrir des enjeux négligés dans des salles de nouvelles locales.

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