«Noeudvembre» est lancé afin de soutenir la recherche du cancer de la prostate

MONTRÉAL — Le mois de novembre est l’occasion de porter un nœud papillon en solidarité aux hommes qui souffrent du cancer de la prostate. La campagne intitulée «Noeudvembre» a pour but d’amasser des fonds pour financer le plus gros projet de recherche de l’organisme Procure. 

Fondé en 2003, Procure est le seul organisme à but non lucratif entièrement consacré à la lutte contre le cancer de la prostate au Québec. Cette année, l’organisme compte une trentaine d’amasseurs, dont la mairesse de Montréal Valérie Plante et d’autres personnalités publiques telles qu’Olivier Dion, Mathieu Dufour et Julie Bélanger. Leur but est de sensibiliser la population face à ce cancer et d’amasser des fonds. 

Les dons servent principalement à financer la biobanque, une collaboration de quatre centres hospitaliers universitaires du Québec : CHU de Québec, CHUS à Sherbrooke ainsi que le CHUM et le CUSM qui sont à Montréal. Chaque centre a environ 500 patients chacun qui sont suivis pendant plus de dix ans.

La biobanque contient des biospécimens qui sont prélevés au moment de l’opération d’un patient. Par exemple, le tissu prostatique, le sang, l’urine, et elle possède aussi des données sociodémographiques. La biobanque sert directement à la recherche, explique le président-directeur général (PDG) de Procure, Laurent Proulx. 

«C’est assez unique comme biobanque», dit-il. Tous les cancers ont ce genre de biobanque, par exemple, des biopsies sont emmagasinées pour le cancer du sein, mais habituellement cela est fait au moment de l’opération et il n’y a aucun suivi par la suite, soutient M. Proulx. 

Le fait de faire un suivi avec les patients apporte une grande quantité d’informations et des données de qualités. Le but est notamment de comprendre pourquoi certains hommes succombent du cancer de la prostate alors que d’autres non. Il pourrait y avoir des prédispositions génétiques permettant de mieux cibler les personnes à risque, par exemple. 

Un homme sur sept recevra un diagnostic de cancer de la prostate au cours de sa vie. Chaque jour au Québec, 12 hommes apprennent qu’ils en sont atteints. Bien que ce taux demeure relativement inchangé au fil des ans, les choix de traitement se sont améliorés et le taux de survie est aussi meilleur. 

En entrevue, le PDG de Procure a souligné les efforts de Jean Pagé, l’ancien porte-parole de l’organisme qui est décédé en 2019 à la suite d’une longue bataille contre le cancer de la prostate. M. Pagé s’était donné pour mission de sensibiliser les hommes face à ce cancer et de les inciter à consulter un médecin. Comme ce type de cancer évolue lentement, plus il est détecté à un stade précoce, meilleures sont les chances de survie. 

Selon M. Proulx, les hommes n’ont pas tendance à consulter un médecin dès l’apparition des premiers symptômes, notamment d’être âgé de 50 ans et plus et d’avoir des problèmes urinaires. Il a fait une comparaison avec le tableau de bord d’une voiture, affirmant que si une lumière clignote, un homme ira rapidement chez le garage, mais «si c’est le tableau de bord de la santé ce n’est pas sûr qu’il se rendra chez le médecin». 

La campagne «Noeuvembre» se poursuit tout au long du mois de novembre. En plus des nœuds papillon, il est aussi possible de se procurer un coffret de bas ou encore de faire un don sur le site Web noeudvembre.ca. 

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