Non, le vaccin de Pfizer ne modifie pas l’ADN du récipiendaire

NEW YORK — Le vaccin à ARN messager développé par Pfizer contre la COVID-19 ne modifie pas l’ADN du récipiendaire, contrairement aux rumeurs qui circulent allègrement sur les réseaux sociaux.

Des chercheurs de l’université suédoise de Lund ont découvert que l’ARNm du vaccin pouvait se transformer en ADN, mais uniquement dans certaines cellules hépatiques modifiées en laboratoire et sous des conditions expérimentales.

Les chercheurs n’ont pas examiné si le vaccin modifiait le génome humain et, le cas échéant, quel effet cela pourrait avoir.

Les adeptes des réseaux sociaux se sont toutefois emparés de cette étude, qui a été publiée en février, pour mousser la théorie sans fondements selon laquelle les vaccins à ARNm contre la COVID-19 altèrent de manière permanente l’ADN du récipiendaire.

De plus, une vidéo qui circule en ligne depuis quelques jours montre trois médecins, qui ont propagé de fausses nouvelles au sujet des vaccins, discutant de l’étude suédoise et prétendant faussement qu’elle prouve que le vaccin de Pfizer «installe de l’ADN dans le génome humain».

Des experts répliquent que de telles interprétations déforment les travaux et tirent des conclusions erronées. Les auteurs de l’étude ont précisé que leurs travaux «n’ont pas examiné si le vaccin de Pfizer modifie notre génome». Ils ont ajouté qu’il n’y a «aucune raison, en fonction de cette étude, pour que quiconque change sa décision d’être vacciné».

Lors de l’étude menée in vitro, les chercheurs ont pu détecter de l’ADN qui avait été converti à partir de l’ARNm du vaccin, mais uniquement dans des cellules hépatiques modifiées en laboratoire et dérivées de tissus cancéreux.

On sait que certains virus, comme le VIH, peuvent convertir l’ARN en ADN, puis incorporer cet ADN dans le génome de leur hôte. Les coronavirus, toutefois, n’en sont probablement pas capables, a dit la docteure Bethany Moore, de l’Université du Michigan.

L’étude suédoise a simplement démontré que l’ARN avait été converti en ADN en laboratoire. L’étude n’a rien démontré de plus au sujet de l’ADN converti, et certainement pas qu’il avait été incorporé aux cellules hépatiques, a-t-elle ajouté.

De plus, a expliqué un autre expert, le docteur David Strain de la faculté de médecine de l’université britannique d’Exeter, les cellules utilisées lors de cette expérience sont «très différentes» de la plupart des cellules humaines. Notamment, la composition de ces cellules avait été modifiée pour les «rendre immortelles et les garder vivantes dans la boîte de Pétri».

«Ces cellules avaient été privées de la protection normale du système immunitaire», a-t-il expliqué dans un courriel.

Contrairement aux cellules «anormales» utilisées dans cette étude, le corps humain est doté de mécanismes de protection qui empêchent la «corruption» du matériel génétique importé.

Les conclusions de l’étude, disent les experts, ne peuvent pas être utilisées pour essayer de deviner ce qui se produit dans des sujets humains. Les auteurs précisent quant à eux ne pas savoir si le phénomène observé dans leurs cellules expérimentales pourrait aussi se produire dans d’autres tissus.

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