Normes nationales en santé: Québec dénonce l’intrusion d’Ottawa

QUÉBEC — Tout indique que le respect des compétences du Québec en santé deviendra une pomme de discorde au cours des prochains mois entre le gouvernement Legault et le gouvernement Trudeau, au lendemain de la présentation de la mise à jour budgétaire de la ministre fédérale des Finances, Chrystia Freeland.

Le ministre québécois des Finances, Eric Girard, a qualifié d’«inacceptable», mardi, en conférence de presse, la volonté d’Ottawa d’imposer aux provinces des normes nationales dans les centres d’hébergement de soins de longue durée pour avoir droit au financement additionnel d’un milliard $ sur deux ans en provenance du fédéral.

«Je suis déçu», a-t-il dit, rappelant que le secteur de la santé était de compétence provinciale.

«C’est inacceptable pour le Québec et les autres provinces», a-t-il précisé.

Le ministre Girard ne s’est d’ailleurs pas montré surpris de constater que l’énoncé économique fédéral de lundi ne disait pas un mot sur les demandes des provinces, au premier chef le Québec, de voir le gouvernement fédéral assumer une part plus importante des dépenses en santé, une contribution qui passerait selon leurs voeux de 22 % à 35 %.

À cette fin, Ottawa devrait accepter de hausser considérablement, et sur une base récurrente, ses paiements de transfert en santé versés chaque année aux provinces. Les provinces réclament d’Ottawa 28 milliards $ de plus, à se partager annuellement. Des négociations vont d’ailleurs débuter à ce propos lors d’une rencontre fédérale-provinciale prévue le 10 décembre. 

«Le processus est en marche», a résumé M. Girard.

La cheffe de l’opposition officielle, Dominique Anglade, a convenu elle aussi que le gouvernement Legault devrait faire preuve de « vigilance», pour éviter toute intrusion dans les champs de compétence des provinces «qui doivent être protégés».  

La porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, a jugé que le gouvernement Legault vivait «dans un monde de licornes», en s’imaginant que le gouvernement fédéral allait augmenter sa contribution financière au réseau de la santé sans conditions. «Il n’y aura pas de transferts fédéraux en santé», selon elle.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, reproche au gouvernement Legault de ne pas arrêter de «répéter que le fédéralisme canadien fonctionne, que sa loyauté envers le Canada est entière et qu’il fait des gains. La vérité, c’est qu’il n’y en a pas, de gains, c’est échec après échec et c’est notre relance économique qui en souffre parce qu’on ne l’a pas, l’argent, puis on dépend du bon vouloir et de la discrétion de Mme Freeland, puis de M. Trudeau. C’est ça, l’absurdité du Canada.»

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