Nouveau-Brunswick: coup de semonce du village acadien de Cap-Pelé

SAINT-JEAN, N.-B. — Le conseil municipal d’un village côtier du Nouveau-Brunswick a lancé un coup de semonce contre la formation d’un gouvernement minoritaire soutenu par l’Alliance des gens.

Les conseillers municipaux de Cap-Pelé, tous Acadiens, ont adopté à l’unanimité, lundi, une résolution s’adressant aux libéraux et aux progressistes-conservateurs de la province, qui se disputent toujours le pouvoir à la suite d’un scrutin extrêmement serré.

Hector Doiron, l’auteur de la résolution, y va d’une mise en garde: «Aucune alliance ou pacte — formel ou informel — avec le parti de l’Alliance des gens n’est acceptable pour la communauté de Cap-Pelé.»

Avec trois députés, ce tiers parti détient maintenant la balance du pouvoir, mais continue de susciter la controverse en raison de sa volonté de mettre fin à la dualité linguistique dans certains services gouvernementaux, en plus d’abolir le poste de commissaire aux langues officielles.

«C’est inconcevable qu’un gouvernement ait un tiers parti de ce genre pour l’appuyer et pour gouverner dans la province du Nouveau-Brunswick», a martelé M. Doiron en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

Dans l’éventualité où l’un des deux principaux partis s’unirait à l’Alliance des gens, le conseil municipal de Cap-Pelé compte entamer des procédures judiciaires pour atteinte aux droits et libertés des francophones.

Si le chef libéral Brian Gallant a rejeté l’idée de négocier avec l’Alliance des gens et cherche plutôt le soutien du Parti vert, son homologue conservateur, Blaine Higgs, n’a pas montré la même réticence.

M. Doiron affirme qu’il ne souhaite pas influencer la composition du gouvernement — tant et aussi longtemps que l’Alliance se retrouve dans l’opposition.

«Que ce soit les conservateurs ou les libéraux, avec ou sans les verts, ça m’est égal», martèle celui qui admet avoir déjà milité pour le Parti libéral.

«Ce n’est pas une question de politique partisane, c’est une question de droits fondamentaux qui sont dans la Constitution canadienne», fait-il valoir.

La prise de position du village de quelque 2500 habitants pourrait bientôt voir son impact grandir, alors que l’Association des municipalités francophones du Nouveau-Brunswick risque de s’y pencher à l’occasion de son congrès annuel la semaine prochaine.

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