Nouveau-Brunswick: la Société de l’Acadie s’inquiète de l’aliénation des francos

PETIT-ROCHER, N.-B. — Le nouveau gouvernement majoritaire de Blaine Higgs ne compte plus «aucune voix du Nord» dans ses rangs, relève la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), qui craint l’«aliénation» des francophones de la province.

Dans un communiqué transmis au lendemain des élections, mardi, la SANB souligne que le Parti progressiste-conservateur a été reconduit au pouvoir avec un seul député francophone, soit Daniel Allain dans la circonscription de Moncton-Est.

Les progressistes-conservateurs ont raflé 27 sièges contre 17 pour les libéraux, trois pour les verts et deux pour l’Alliance des gens. Dans son discours de victoire, Blaine Higgs a pris soin de tendre la main aux Acadiens. «Que ce soit le nord, le sud, les régions urbaines ou rurales, l’objectif primordial de notre gouvernement sera d’aider toutes les régions», a-t-il promis en français.  

La SANB dresse un parallèle avec les dernières élections fédérales, lorsque les libéraux de Justin Trudeau ont été complètement rayés de la carte dans l’ouest du pays, ce qui y a fait fomenter un sentiment de rejet et même des aspirations sécessionnistes.

L’«aliénation acadienne» a déjà marqué la campagne électorale, signale l’organisme, qui exhorte le premier ministre à s’attaquer rapidement au faible taux de bilinguisme chez les nouveaux diplômés et à remédier au «manque d’investissement systémique» dans les infrastructures des régions acadiennes et francophones.

La SANB réclame aussi la création d’un comité permanent des langues officielles à l’Assemblée législative, la nomination d’un «lieutenant francophone/bilingue fort», ainsi que la promesse de négocier avec Ottawa une plus grande autonomie en matière d’immigration. Le tout, dans les 30 premiers jours suivant l’assermentation du conseil des ministres.

Avec ses «antécédents très problématiques» vis-à-vis de la minorité linguistique,  Blaine Higgs se trouve en situation précaire, prévient Alexandre Cédric Doucet, président de la SANB.

«Depuis les trois derniers cycles électoraux, la province se voit de plus en plus divisée selon des lignes politiques, géographiques et linguistiques», peut-on lire dans le communiqué de l’organisme. Il s’inquiète d’«un énorme problème de démocratie et de représentation au sein du gouvernement», mais se dit prêt à collaborer pour faire valoir les points de vue la francophonie.

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