Nouveau-Brunswick: les conservateurs s’attaqueraient à l’analphabétisme

FREDERICTON — Le Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick s’attaquera aux faibles taux d’alphabétisation de la province s’il est porté au pouvoir le 24 septembre.

Le chef conservateur, Blaine Higgs, a jugé jeudi que le taux d’alphabétisation de la province était embarrassant et insoutenable.

La directrice générale de la Coalition de l’alphabétisation du Nouveau-Brunswick, Linda Homer, estime qu’environ la moitié de la population adulte est «incapable de participer pleinement à la société en raison de faibles compétences en littératie».

«On ne parle pas ici simplement de lire les mots: le monde a changé et la technologie a évolué, nous avons donc besoin de compétences en littératie numérique, de lecture et d’utilisation de documents, ainsi que de compétences informatiques», a déclaré Mme Homer.

Une récente évaluation nationale a constaté que les élèves de 13-14 ans du secondaire au Nouveau-Brunswick lisent moins bien que tous les autres jeunes Canadiens de leur âge, à l’exception de ceux du Manitoba. Par ailleurs, près de 20 pour cent des adultes de la province affichent un taux d’alphabétisation inférieur à la moyenne nationale, et la plupart des membres de ce groupe n’ont pas terminé leurs études secondaires.

M. Higgs s’est engagé à ce que 85 pour cent des élèves de deuxième année de la province atteignent ou dépassent les normes de lecture à ce niveau d’ici 2022, et qu’ils soient parmi les trois meilleures provinces au pays en lecture et en mathématiques en 2022.

Le plan des conservateurs prévoit notamment un programme visant à soutenir les écoles par le biais de mentors communautaires, d’apprentissage et de tutorat parascolaires, et de programmes de soutien à la famille. M. Higgs a également promis jeudi qu’il y aurait une révision des bulletins, pour s’assurer qu’ils fournissent des informations adéquates aux élèves et aux parents.

Selon Mme Homer, les faibles résultats du Nouveau-Brunswick sont en partie attribuables à sa dépendance historique aux secteurs des ressources naturelles, comme la foresterie et la pêche. Ces travailleurs peuvent passer toute leur vie — et se débrouiller — à l’usine ou sur un bateau sans développer de compétences avancées en lecture et en écriture, explique-t-elle. Par contre, lorsque ces personnes deviennent parents, elles ne peuvent pas aider leurs enfants à développer leurs compétences en littératie.

«Notre apprentissage pendant la petite enfance a un impact considérable sur la vie de tous les jours. Si nous ne prenons pas un bon départ, les choses ne vont pas aussi bien ensuite. Les parents à la maison sont le facteur le plus influent», dit-elle.

Le gouvernement libéral de Brian Gallant s’est targué de dépenses record en éducation, et il a lancé l’an dernier sa stratégie globale en matière d’alphabétisation. Cette stratégie prévoit notamment des moyens d’offrir des possibilités d’apprentissage au-delà de la journée scolaire traditionnelle, et de travailler avec les employeurs pour développer l’alphabétisation et la formation professionnelle des adultes.

Mais jeudi, M. Higgs a déclaré qu’il fallait dépenser judicieusement et résoudre des problèmes ciblés afin d’obtenir des résultats.

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