Nouveau-Brunswick: Robert Gauvin largue le Parti progressiste-conservateur

SHIPPAGAN, N.-B. — Le vice-premier ministre du Nouveau-Brunswick Robert Gauvin largue le Parti progressiste-conservateur et va désormais siéger comme indépendant.Cette décision vise à dénoncer la réforme de la santé du gouvernement.

Robert Gauvin a fait l’annonce de sa décision lors d’une conférence de presse dans sa circonscription de Shippagan-Lamèque-Miscou.

«On est dans un système britannique. Ce système désire que l’on protège le premier ministre, mais dans mon coeur à moi, si je ne sens pas que le premier ministre protège les citoyens, je dois faire quelque chose», a-t-il déclaré avant d’annoncer qu’il devenait indépendant.

«Le premier ministre a le droit de décider si je suis un ministre, mais il n’a pas le droit de décider si je suis votre député», a ajouté l’élu qui dit avoir subi de fortes pressions de la part de son parti pour qu’il rentre dans le rang.

Saluant la mémoire de son défunt père Jean Gauvin, ancien ministre des Pêches de la province, il a rappelé que les gens se souviennent encore de lui parce qu’il a toujours «mis son monde en avant du parti».

Jeudi, Robert Gauvin avait déjà laissé entendre son mécontentement face à la décision du gouvernement de fermer six salles d’urgence pendant le quart de nuit. Son collègue, le député Bruce Northrup, s’est lui aussi prononcé contre cette mesure qui vise à atténuer la pénurie de main-d’oeuvre.

Si la réforme entre en vigueur comme prévu, le 11 mars, les collectivités de Sussex, Sackville, Perth-Andover, Sainte-Anne-de-Kent, Caraquet et Grand-Sault vont perdre l’accès à leur salle d’urgence entre minuit à 8 h.

Dans son allocution, vendredi matin, Robert Gauvin a qualifié la réforme d’«attaque sur la ruralité des Néo-brunswickois».

«Il faut arrêter de se regarder le nombril», a-t-il lancé aux membres de son ancien parti qui ont tenté de l’influencer en lui disant que les gens de sa circonscription ne seraient pas directement affectés.

Le député de Shippagan-Lamèque-Miscou a relaté plusieurs conversations téléphoniques qu’il a eues avec des gens d’affaires, des médecins et des personnalités politiques qui l’ont imploré de ne pas les laisser tomber.

Gouvernement en danger

Le départ de Robert Gauvin porte un dur coup au gouvernement minoritaire du premier ministre Blaine Higgs. Le retrait du député devenu indépendant place désormais libéraux et conservateurs à égalité avec 20 députés à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick.

De plus, comme le président de l’assemblée est libéral, celui-ci pourrait renoncer à sa fonction pour rejoindre son parti et forcer un progressiste-conservateur à prendre sa place. Cette manoeuvre donnerait aux libéraux un avantage de 20 à 19 en chambre.

Jusqu’ici, le gouvernement minoritaire se maintenait au pouvoir grâce au soutien des trois députés de l’Alliance des gens, mais son chef Kris Austin a fait savoir vendredi qu’il n’excluait pas la possibilité de retirer sa confiance.

«C’est au premier ministre de prendre la décision, a déclaré M. Austin. Fermer les urgences aura un impact important sur les gens en secteurs ruraux. Quel est le plan de rechange?»

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