Nouvel espoir dans le traitement de la sclérose en plaques

MONTRÉAL — Des chercheurs montréalais ont identifié une molécule qui permet au système immunitaire d’envahir le cerveau des gens atteints de sclérose en plaques pour y causer des ravages, ce qui offre un nouvel espoir dans le traitement de cette maladie.

Le docteur Alexandre Prat et ses collègues du Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal ont constaté, lors d’essais in vitro chez l’humain et in vivo chez la souris, que la molécule ALCAM, une fois bloquée, freine la progression de la maladie. Cela pourrait permettre le développement d’une nouvelle génération de thérapies pour traiter cette maladie auto-immune.

«Les lymphocytes T et les lymphocytes B, qui sont les globules blancs qui protègent le corps contre les infections, rentrent dans le cerveau pour détruire la gaine de myéline et les neurones, a expliqué le docteur Prat. Normalement, chez quelqu’un qui n’a pas la sclérose en plaques, il n’y a pas de lymphocytes dans le cerveau.»

Mais pour franchir la barrière hématoencéphalique qui protège le cerveau des agressions, ces lymphocytes doivent utiliser de très nombreux mécanismes moléculaires, ajoute le docteur Prat.

Ses collègues et lui ont découvert qu’une molécule appelée ALCAM, et qui est exprimée à la fois sur les cellules endothéliales des vaisseaux et sur les lymphocytes B, permet à ces derniers d’entrer dans le cerveau.

Trois thérapies ciblent actuellement les lymphocytes B dans le traitement de la sclérose en plaques. Il s’agit de molécules qui retirent tous les lymphocytes B du corps du patient.

«Il n’y a plus d’activité de la maladie, la maladie devient calme. (Mais le patient) devient très, très susceptible aux infections. Alors c’est un bien pour un mal, mais c’est tout ce qu’on a trouvé jusqu’à maintenant», a dit le docteur Prat.

Mais en ciblant ALCAM, les lymphocytes continuent à circuler dans le corps du patient, ils continuent à le défendre contre les infections, mais sans se rendre jusqu’au cerveau.

«Le but maintenant sera d’identifier une molécule qui va empêcher (…) les lymphocytes B de rentrer dans le cerveau», a ajouté le chercheur.

Le docteur Prat rappelle qu’au début de sa carrière, il y a 16 ans, les médecins ne disposaient qu’un d’un seul traitement contre la sclérose en plaques. Leur arsenal en compte aujourd’hui une quinzaine.

«Il y a toujours de l’espoir pour les gens atteints de sclérose en plaques, a-t-il dit. Il y a de plus en plus de médicaments et c’est probablement un des domaines de la neurologie et de la médecine qui a le plus évolué au cours des 15 ou 20 dernières années.»

La sclérose en plaques peut provoquer des symptômes tels que fatigue extrême, manque de coordination, problèmes de vision, troubles cognitifs et changements d’humeur. Un Canadien sur 385 en est atteint. Au Québec, cela représente plus de 20 000 personnes. Soixante pour cent des adultes touchés ont entre 20 et 49 ans et les femmes sont trois fois plus susceptibles que les hommes d’en recevoir un diagnostic.

Les conclusions de cette étude sont publiées par le journal médical Science Translational Medicine.

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