Nouvelle-Écosse: des bateaux de pêche autochtones ont été détachés intentionnellement

WEYMOUTH NORTH, N.-É. — Une Première Nation en Nouvelle-Écosse a affirmé que neuf de ses bateaux de pêche avaient été détachés intentionnellement de leur quai, jeudi.

Le chef de la Première Nation Spekne’katik, Mike Sack, a publié un communiqué dans lequel il explique que cette action délibérée visait à «causer du dommage et intimider la communauté».

M. Sack a ajouté que les embarcations étaient prêtes à être utilisées pour les pêches alimentaires, sociales et rituelles de homard, qui sont réglementées par des lois fédérales, mais qui ne sont pas limitées à une saison en particulier.

La Nation Spekne’katik avait attiré l’attention du pays, l’automne dernier, quand elle a créé une pêcherie commerciale indépendante de homard dans la baie Sainte-Marie, trois mois avant la saison réglementée par le fédéral.

Cette décision avait mené à des confrontations violentes entre des sympathisants à leur cause et des pêcheurs non autochtones.

À cette époque, M. Sack avait expliqué que les Premières Nations des Maritimes et du Québec n’avaient jamais abandonné leur droit de pêcher, cueillir et chasser où et quand ils le voulaient, selon les traités signés avec la Couronne dans les années 1700.

De plus, il avait noté que la Cour suprême du Canada avait réaffirmé ces droits de traité dans la décision Marshall. La cour notait toutefois dans cette décision de 1999 que le gouvernement fédéral détenait encore le droit de réglementer les pêches, dans une optique de préservation.

Dans une autre décision de la Cour suprême, connue sous le nom de Sparrow, les Premières Nations conservaient leur droit de pêcher en dehors de la saison commerciale pour nourrir leurs communautés ou approvisionner leurs stocks pour des cérémonies. Ils ne pouvaient toutefois pas vendre leurs prises.

Les disputes entourant les pêches alimentaires, sociales et rituelles (ASR) ont refait surface en 2017, alors que des pêcheurs non autochtones dénonçaient pacifiquement la vente de prises ASR par des Autochtones.

Jeudi, M. Sack a affirmé que l’événement au quai de Weymouth allait retarder les pêches ASR d’une semaine.

«C’est dommage que nous soyons victimes de harcèlement et dommage matériel et que nous n’ayons aucun recours ou protection substantielle pour assurer la sécurité de notre communauté», a-t-il déploré dans le communiqué.

Le ministère fédéral des Pêches et Océans a affirmé qu’il condamnait les «activités» qui ont eu lieu au quai de Weymouth.

«Le gouvernement du Canada est engagé à contribuer à la réconciliation, à implanter des pêcheries établies sur les droits humains, et à s’assurer que toutes les personnes se sentent en sécurité sur le quai et dans l’eau, a écrit par courriel un porte-parole du ministère, Stephen Bornais.

«Les menaces et les activités criminelles ne seront pas tolérées. L’endommagement ou la destruction d’équipement et de bateaux est illégal et tout incident devrait être rapporté à la Gendarmerie royale du Canada».

La GRC n’a pas répondu immédiatement aux demandes d’entrevue.

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