Nouvelle offre du gouvernement pour la reprise des travaux au Parlement fédéral

OTTAWA — Le gouvernement Trudeau a fait une nouvelle offre aux partis d’opposition, dans l’espoir d’éviter que 338 députés doivent revenir siéger lundi tous ensemble à la Chambre des communes.

Le leader parlementaire Pablo Rodriguez a fait savoir publiquement qu’il avait mis sur la table des négociations une nouvelle proposition qu’il qualifie de «responsable».

«Elle respecte les conseils de la santé publique et permet aux députés de demander des comptes au gouvernement. C’est le temps de travailler ensemble et de faire fonctionner le parlement», a-t-il ajouté.

Selon une source proche du dossier, il est proposé que tous les députés siègent de façon virtuelle chaque mardi, avec une période de questions et de réponses pendant une heure et demie.

Puis, chaque mercredi, un nombre réduit de députés pourrait siéger en personne avec deux heures et quart pour questionner le gouvernement. Le premier ministre serait présent.

Le reste de la journée de mercredi serait consacré aux déclarations des députés et à l’étude des projets de loi, qui seraient soumis d’avance aux partis d’opposition.

Le gouvernement accepterait également de faire siéger un comité supplémentaire de façon virtuelle, soit celui sur les affaires autochtones et du Nord. Cet ajout porterait le nombre de comités actifs à sept.

Avec cette proposition, le gouvernement espère ainsi rallier les partis d’opposition et en particulier le Parti conservateur qui demande jusqu’à quatre séances par semaine pour permettre aux députés de demander des comptes au gouvernement.

Ce qui est sur la table permettrait l’équivalent de cinq périodes de questions dans une semaine régulière, a fait valoir la source consultée par La Presse canadienne.

Le NPD demanderait une deuxième séance virtuelle.

Samedi, le premier ministre Justin Trudeau dit que les discussions se poursuivaient toujours entre tous les partis.

«On espère vraiment que les autres partis vont être d’accord avec des propositions comme ça parce que je pense que ce serait un vrai problème si nous devions retourner au Parlement lundi matin», a-t-il dit.

À son avis, le fait de siéger plusieurs fois par semaine «n’est pas la bonne chose à faire» dans un contexte de pandémie.

Plus tôt en journée, les députés du Parti vert ont fait savoir qu’ils n’appuieront aucune proposition visant à tenir des séances en personne.

«Il n’est pas raisonnable que la Chambre des communes se réunisse en personne, à moins que nous ne devions adopter une loi pour aider les Canadiens», a déclaré la cheffe parlementaire du Parti vert, Elizabeth May, par voie de communiqué.

«Les traducteurs, le personnel, les agents de sécurité et les députés au même endroit va largement à l’encontre des avis de la santé publique. Et pourquoi? La visibilité médiatique de la période des questions?» a-t-elle demandé.

Selon Mme May, une période de questions à distance peut être organisée grâce aux technologies existantes, comme celle utilisée actuellement pour les comités permanents.

«Andrew Scheer est peut-être disposé à faire passer son désir de couverture médiatique avant la santé publique, mais je pense que les Canadiens s’attendent à un meilleur exemple de la part de leurs représentants élus», a souligné Mme May.

Le lieutenant politique de M. Scheer pour le Québec, Alain Rayes, n’a pas tardé à répliquer.

«@ElizabethMay, refuser une entente unanime qui permettrait à chaque parti d’opposition de jouer son rôle avec une délégation de députés réduite fera en sorte que nous devrons retourner à Ottawa mais avec 338 députés. Est-ce vraiment ce que vous voulez?» a-t-il écrit sur Twitter.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a pour sa part fait savoir sur le même réseau social que son parti n’enverrait que trois élus aux Communes lundi si ce scénario se produisait – pas plus, pas moins.

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