Nouvelle recherche sur la réponse immunitaire face au coronavirus

MONTRÉAL — Un projet de recherche qui vient de voir le jour au CHU Sainte-Justine tentera de déterminer pourquoi le système immunitaire des enfants et des adultes réagit différemment face au coronavirus.

La docteure Fatima Kakkar et ses collègues tenteront notamment de comprendre pourquoi les enfants et les adultes membres d’une même famille peuvent être affectés de manière aussi radicalement différente par la maladie.

«Dans la même famille où un enfant arrête de faire de la fièvre après 24 heures, on a un parent qui est aux soins intensifs, malade, avec une atteinte vraiment sévère, a dit la docteur Kakkar. Donc c’est étrange que dans une même famille, chez des gens qui partagent la même génétique et qui ont le virus en même temps, qu’il y en ait un qui va être très malade et un autre qui va être très peu malade. L’idée est d’étudier ces familles avec la COVID.»

C’est au hasard de suivis téléphoniques effectués auprès d’enfants chez qui la COVID avait été diagnostiquée, mais qui n’étaient pas hospitalisés que la docteure Kakkar a découvert l’existence de ces inégalités.

Le parent avec qui on communiquait concernant l’état de santé de son enfant pouvait ainsi révéler être très malade et demander qu’on communique plutôt avec l’autre parent.

«On s’est rendu compte que (…) l’enfant, le lendemain ou deux jours plus tard, va très bien, a expliqué la docteure Kakkar. Par contre, dans la même famille (…) ce sont souvent les parents et les grands-parents qui sont beaucoup plus malades.»

Il y a même eu des cas malheureux, rappelle-t-elle, où l’adulte est décédé et où l’enfant s’est rétabli en quelques jours.

Le but de la recherche que ses collègues et elle entament sera donc d’étudier ce qui se produit, plus précisément concernant la réponse immunitaire.

«L’intérêt est vraiment de regarder le système immunitaire, a-t-elle dit. Il y a quelque chose dans la réponse à la COVID qui est différent entre les adultes et les enfants. C’est ce qu’on voit en clinique. Il y a vraiment une hyper réaction chez les adultes.»

À l’aide notamment de prises de sang effectuées à la maison, les chercheurs vérifieront ainsi, au cours des prochains moins, si enfants et adultes ont produit des anticorps en réponse à la maladie, ou en l’absence d’anticorps, quelles auront été les autres manifestations du système immunitaire.

Ils souhaitent recruter quelque 200 participants à leurs travaux qui, espèrent-ils, déboucheront sur des avenues thérapeutiques potentielles.

«Un des grands mystères de ce virus est pourquoi les enfants sont très peu malades, a conclu la docteure Kakkar. Donc si on peut comprendre quel volet du système immunitaire, quelle réaction les protège vs les adultes, je pense (…) que ça nous aiderait vraiment à comprendre sur quelles pistes nous pencher.»

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