Oiseau en voie de disparition: le gouvernement canadien poursuivi par des écologistes

L’organisme environnemental Ecojustice Canada poursuit le gouvernement canadien au sujet de nouvelles règles visant à protéger l’habitat du pluvier siffleur, un oiseau de rivage en voie de disparition.

Le groupe a intenté une action en justice le 31 octobre pour obtenir une révision judiciaire d’une stratégie de protection de l’habitat élaborée par le ministre de l’Environnement, Steven Guilbeault.

La poursuite soutient qu’Ottawa avait déjà un bon programme pour protéger le pluvier depuis 2012. Selon la déclaration, cette stratégie a identifié 212 plages à travers le Canada atlantique et le Québec comme habitats essentiels pour ces petits oiseaux de couleur sable.

Mais la stratégie a été modifiée en septembre dernier, ce qui a changé la manière dont l’habitat essentiel est identifié, selon la poursuite.

L’avocate d’Ecojustice, Sarah MacDonald, soutient que l’ancienne stratégie avait fait un «très bon travail» d’identification des habitats et disait «très clairement» que des plages entières devaient être protégées. Mais la version modifiée, déplore-t-elle, a apporté des modifications qui affaiblissent son efficacité.

«Au lieu de dire qu’une plage entière est un habitat essentiel, ce qu’ils font maintenant, c’est qu’ils définissent ce qu’ils appellent des sections quadrillées, des carrés d’un kilomètre par un kilomètre qui couvrent les plages, explique-t-elle. Cela laisse d’énormes parties de la plage vulnérables aux activités que nous savons nocives pour les pluviers et leur habitat, comme le développement résidentiel et la pollution.»

Ecojustice pense aussi que «la description de l’habitat essentiel dans le programme de rétablissement modifié est trop vague pour soutenir les devoirs du ministre de protéger l’habitat essentiel ou pour soutenir des protections juridiques exécutoires pour cet habitat», peut-on lire dans un communiqué.

Les relations médiatiques d’Environnement et Changement climatique Canada ont déclaré dans un courriel qu’elles «travaillent avec diligence sur une réponse» aux questions de La Presse Canadienne et est «en train de consulter nos experts en la matière».

Les pluviers siffleurs sont de minuscules oiseaux que l’on ne trouve qu’en Amérique du Nord avec deux sous-espèces ― une qui se reproduit dans les Prairies canadiennes et une autre le long de la côte atlantique.

Ils ont été répertoriés comme étant en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en péril en 2003, selon Ecojustice. Entre 2006 et 2016, la population canadienne de pluviers a encore diminué de 30 %, pour s’établir à 174 couples reproducteurs.

La poursuite fait valoir que les activités humaines telles que le logement et le développement urbain, la pollution due aux activités industrielles, l’exploitation minière et l’exploitation de carrières constituent des menaces sérieuses et continues pour l’habitat du pluvier.

Bob Bancroft, président de l’organisme Nature Nova Scotia, affirme que les pluviers sont attirés par les perturbations d’origine naturelle sur les plages où ils vivent, par exemple après le passage d’une tempête tropicale.

«Les pluviers aiment faire leur nid dans les zones perturbées où ils ont des cailloux, du gravier et du sable», explique-t-il. 

Ainsi, les lieux de nidification du pluvier sont en constant déplacement, au fil des intempéries, note Me MacDonald, disant que des plages entières devraient être protégées afin de permettre aux oiseaux de suivre en toute sécurité leurs instincts naturels de nidification.

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