Okonjo-Iweala devient la première femme et première Africaine à diriger l’OMC

FRANCFORT — L’économiste nigériane Ngozi Okonjo-Iweala a accédé lundi à la tête de l’Organisation mondiale du commerce, devenant ainsi la première femme et la première Africaine à assumer ce rôle, dans un contexte de protectionnisme croissant et de désaccords sur la manière dont l’organisme intervient dans des conflits avec des milliers d’emplois et des milliards de dollars en jeu.

Mme Okonjo-Iweala, âgée de 66 ans, a été désignée comme directrice générale par les représentants des 164 pays composant l’OMC, qui s’occupe des règles régissant le commerce international sur la base d’accords négociés.

Lors d’une conférence de presse en ligne, la nouvelle élue a dit prendre les rênes à un moment où l’OMC «est confrontée à tellement de défis, et il m’apparaît que des réformes en profondeur et de grande envergure sont nécessaires».

Elle s’attaquera en priorité aux répercussions économiques et sanitaires de la pandémie de COVID-19, en levant par exemple les restrictions sur les exportations de fournitures médicales et de vaccins ainsi qu’en encourageant la fabrication de vaccins dans davantage de pays. 

Parmi ses autres missions figure la réforme du processus de règlement des différends de l’organisation.

Mme Okonjo-Iweala arrive à la tête de l’OMC après quatre années mouvementées au cours desquelles le président américain Donald Trump a imposé de nouveaux tarifs contre la Chine et l’Union européenne pour faire avancer sa politique commerciale «America first» (ou «L’Amérique d’abord», en français).

«Ce ne sera pas facile, car nous sommes également confrontés à un manque de confiance entre les membres qui s’est développé au fil du temps, non seulement entre les États-Unis et la Chine ou les États-Unis et l’UE (…), mais aussi entre les pays membres en développement et développés, et nous devons travailler à régler cela», a-t-elle avancé.

Mme Okonjo-Iweala a admis ressentir «un poids supplémentaire» en tant que première femme et première Africaine à occuper ce poste, ce qui signifie à ses yeux qu’elle devra «vraiment bien performer».

«Tout le mérite revient aux membres de m’avoir élue et d’avoir marqué l’histoire, mais en fin de compte, si je veux vraiment rendre l’Afrique et les femmes fières, je dois produire des résultats, et c’est ce à quoi je pense en ce moment.»

Mme Okonjo-Iweala a été ministre des Finances et brièvement ministre des Affaires étrangères du Nigéria. Elle a fait carrière pendant 25 ans à la Banque mondiale en tant que défenseure de la croissance et du développement économiques dans les pays les plus pauvres du monde. Elle a gravi les échelons jusqu’au poste de directrice générale, puis, en 2012, elle a tenté sans succès d’accéder à sa présidence avec le soutien de pays africains et d’autres pays en développement, voulant rompre avec la tradition selon laquelle la Banque mondiale est dirigée par des Américains.

Elle détient un baccalauréat en économie de l’Université Harvard et un doctorat en économie et développement régional de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT).

Elle doit entrer en fonction le 1er mars.

– Par David McHugh, The Associated Press

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