Oland regrette que la Commission de police n’ait pas tout examiné

SAINT-JEAN, N.-B. — Le rapport de la Commission de police du Nouveau-Brunswick sur l’enquête entourant la mort de Richard Oland a raté certaines de ses cibles, déplore l’homme qui fut au centre d’un procès très médiatisé.

Denis Oland juge qu’il est regrettable que la Commission n’ait pas examiné les faux pas commis lors de l’enquête policière menée sur le meurtre de son père, en 2011.

Âgé de 69 ans, Richard Oland a été battu à mort dans son bureau de Saint-Jean. L’arme du crime n’a jamais été retrouvée.

Dennis Oland a été accusé du meurtre. Il est demeuré incarcéré pendant près d’un an de prison après avoir été condamné par un jury en 2015. Ce verdict a été annulé en appel en 2016, et un juge l’a innocenté lors d’un deuxième procès.

Au cours du premier procès, le juge Jack Walsh avait critiqué les enquêteurs pour ne pas avoir protégé la scène du crime et ne pas avoir demandé à un pathologiste si un marteau à placoplâtre aurait pu être l’arme du crime.

La Commission de police du Nouveau-Brunswick a décidé de passer en revue l’ensemble des crimes graves à Saint-Jean commis de 2014 à 2019 pour «déterminer si le Service de police de Saint-Jean respecte les politiques, les procédures et les pratiques exemplaires en la matière».

Dans une déclaration publiée samedi soir, Dennis Oland s’est dit satisfait du rapport contenant des conclusions encourageantes sur les méthodes d’enquête actuelles.

Mais, il a ajouté qu’il s’attendait à ce que la Commission analyse aussi les erreurs commises au cours de l’enquête sur le meurtre de son père.

«Malheureusement, malgré son objectif initial, le rapport n’analyse ni ne traite des insuffisances, des erreurs, du manque de connaissances, de la vision étroite des policiers et de nombreux faux pas commis pendant et après l’enquête. Le rapport n’examine pas non plus les actions et les manquements graves de certains membres du service de police par rapport à la mort de mon père», a déploré M. Oland.

Les membres de la Commission disent avoir examiné un certain nombre de cas pour évaluer le travail des enquêteurs.

Le rapport dit avoir découvert un certain nombre de lacunes. Ainsi, dans deux événements, des civils se sont retrouvés inutilement à proximité ou sur les lieux d’un décès.

Dans un cas, c’est un coroner qui avait permis à la famille de voir le corps avant que la police n’ait terminé son évaluation initiale. Dans l’autre cas, un superviseur a pénétré dans la scène, mais aucune note n’a expliqué pourquoi il a pu voir le corps.

Les auteurs du rapport ont formulé trois recommandations. Ils demandent au ministre de la Sécurité publique d’élaborer une politique provinciale des cas graves. Ils recommandent au service de police de Saint-Jean d’établir des procédures normalisées pour crimes graves et d’utiliser une liste de vérification en cas de mort subite lorsque celle-ci n’est pas de nature criminelle.