Oland traînait de lourdes dettes quand son père a été tué, rappelle la Couronne

SAINT-JEAN, N.-B. — Dennis Oland a nié que ses ennuis financiers aient pu le pousser à tuer son père, le multimillionnaire Richard Oland, mais il ne fait aucun doute que l’accusé avait de sérieux problèmes d’argent à l’époque du meurtre.

Le conseiller en investissements de 51 ans a admis vendredi lors de son procès pour meurtre au deuxième degré qu’il était endetté après plusieurs mois de dépenses en hausse et de revenus en baisse.

Dennis Oland avait annulé un paiement pour une hypothèque subsidiaire sur sa maison, qui appartient à la famille Oland depuis de nombreuses années.

De plus, un chèque mensuel de 1667 $ sur un prêt de 500 000 $ consenti par son père avait été retourné par la banque la veille du meurtre le 6 juillet 2011.

Oland a déclaré qu’il n’était pas au courant de ce chèque sans provision lorsqu’il a rendu visite à son père à son bureau de Saint-Jean.

L’accusé est la dernière personne connue à avoir vu Richard Oland en vie.

«Vos dépenses totales pour la période allant de janvier à juillet 2011 s’élevaient à environ 120 000 $, soit près de quatre fois vos revenus, a déclaré la procureure de la Couronne Jill Knee lors de son contre-interrogatoire, vendredi. Je suggère, M. Oland, que vous viviez au-dessus de vos moyens.»

«Oui», a répondu l’accusé.

«Ça ne pouvait pas continuer comme ça, n’est-ce pas?», a demandé Me Knee.

«Je devais soit augmenter mes revenus, soit diminuer mes dépenses (…) J’étais en train d’augmenter mes revenus», a soutenu M. Oland.

En dépit de ses ennuis financiers, M. Oland a assuré vendredi qu’il n’était pas désespéré. «Si j’avais besoin de plus d’argent, je pouvais emprunter», a-t-il indiqué.

Son père ne voulait pas l’aider

Me Knee a insisté sur la situation financière de M. Oland, suggérant que son besoin urgent de fonds contrastait énormément avec la situation financière très confortable de son père. Entre autres choses, le multimillionnaire de 69 ans se faisait construire à fort prix un yacht de course en Espagne, a-t-elle dit, mais il refusait obstinément d’aider son fils.

«Vous étiez furieux contre Richard Oland parce qu’il n’allait pas vous sortir de là», a plaidé Me Knee.

«Non», a simplement répondu M. Oland. L’accusé a soutenu que lors de sa visite au bureau de son père , les deux hommes n’avaient pas discuté d’argent, mais de généalogie.

Me Knee a également exploré les relations tendues d’Oland avec son père, évoquant souvent son entretien avec la police du 7 juillet 2011 — le jour de la découverte du corps.

«C’était un bon père, a résumé M. Oland vendredi. Ce n’était pas le meilleur papa, mais c’était un bon papa.»

La procureure de la Couronne a aussi plaidé que l’accusé avait menti à la police sur la veste qu’il portait le jour du meurtre, et sur une troisième visite effectuée au cours d’une période d’environ une heure l’après-midi du 6 juillet 2011. M. Oland a soutenu qu’il s’agissait simplement d’erreurs et d’omissions attribuables au stress de cette journée.

Me Knee a plutôt suggéré que cette troisième visite n’avait pas été mentionnée à la police parce que c’est à ce moment-là que Dennis Oland a tué son père. «Absolument pas», a rétorqué l’accusé.

Dennis Oland avait été accusé du meurtre au deuxième degré de son père en 2013. Il a été reconnu coupable lors d’un procès devant jury en 2015, mais ce verdict a été annulé par la Cour d’appel, qui a ordonné la tenue d’un nouveau procès.

Les audiences reprennent mardi et le juge Terrence Morrison a accepté une demande de la défense de se rendre sur les lieux du crime, en après-midi. Le juge a toutefois précisé que la présence du public ne serait pas autorisée.

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