Olympiques: une filiale de Québecor accompagne Labeaume bénévolement

QUÉBEC – Le président d’une filiale de Québecor, spécialisée dans la gestion d’événements, a profité de ses vacances personnelles pour accompagner le maire de Québec, Régis Labeaume, lors d’un voyage en Suisse qui déterminera si la capitale tentera d’obtenir les Jeux olympiques, a indiqué jeudi un porte-parole.

Patrice Drouin, qui dirige Gestev, a profité d’un déplacement d’affaires en Suède pour passer d’abord quelques jours de vacances à Lausanne avec M. Labeaume, a déclaré Martin Tremblay, vice-président aux affaires publiques de Québecor.

«Il était déjà prévu que Patrice Drouin soit en Europe cette semaine, a-t-il écrit dans un courriel. Il faut savoir que Patrice Drouin est appelé à voyager plusieurs semaines par année en Europe pour le développement des affaires de Gestev.»

À la demande de M. Labeaume, M. Drouin a accepté de l’accompagner lors de sa rencontre avec le président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, lundi, au siège de l’organisme à Lausanne.

«Cette partie du séjour en Europe de Patrice Drouin est à titre strictement personnel et il est clair qu’il en assumera les frais personnellement, a indiqué le porte-parole. Enfin, le temps passé par Patrice Drouin à Lausanne est comptabilisé à même ses vacances de l’année en cours.»

Le maire de Québec n’a pas encore décidé si Québec sera candidate pour être la ville hôte des Jeux olympiques en 2026.

M. Tremblay a refusé de dire si Gestev, dont Québecor a fait l’acquisition en 2013, pourrait avoir un intérêt dans l’éventualité d’une candidature qui permettrait à Québec de recevoir l’événement.

L’entreprise a fourni ces informations peu après que le chef péquiste Pierre Karl Péladeau, également actionnaire de contrôle de Québecor, se soit interrogé sur la présence de M. Drouin en Suisse avec M. Labeaume.

«Est-ce que la Ville lui a octroyé un contrat? Je n’ai pas les détails de l’entente, mais je sais que les deux se connaissent depuis un certain temps, a-t-il dit. Probablement que c’est quelque chose sur quoi il devrait s’interroger. Mais je ne sais pas s’il y a une rémunération ou non entre les deux.»

Le chef caquiste François Legault a déclaré que M. Labeaume doit préciser quelles étaient ses intentions en s’adjoignant les services bénévoles d’un représentant de Québecor.

«Est-ce qu’ils ont un passe-droit via Régis Labeaume? Il faut poser la question à Régis Labeaume», a-t-il dit.

Gestev est responsable de la gestion de nombreux sites et compétitions sportives à Québec, dont le Red Bull Crashed Ice, en plus d’être partenaire du Carnaval.

Propriétaire de l’équipe de hockey des Remparts et commanditaire de divers événements, Québecor a obtenu en 2011 la gestion de l’amphithéâtre de Québec, cofinancé par le gouvernement du Québec, sans appel d’offres.

M. Péladeau ne s’est pas inquiété que cette présence importante de Québecor puisse donner à l’entreprise la possibilité d’influencer les décisions politiques.

«Il ne faut pas capoter, a-t-il laissé tomber. Québecor est actif dans un certain nombre d’activités, comme SNC dans d’autres activités. Donc, je présume qu’elles vont se cantonner à l’exercice de ces activités, à l’expertise qui est la leur, puis ils ne sortiront pas de là.»

Selon le chef péquiste, qui placé l’automne dernier son bloc de contrôle de Québecor dans un mandat sans droit de regard, le conglomérat est présent à Québec comme dans les autres régions.

«Est-ce que Québecor est présente partout au Québec? Bien certainement, a-t-il dit. Est-ce que Québecor est présente à Québec? Certainement.»

En 2011, la décision de la Ville de Québec d’accorder la gestion de l’amphithéâtre sans appel d’offres avait mené l’Assemblée nationale à adopter une loi pour empêcher les poursuites contre cette transaction.