Omar Khadr participe à une table ronde sur les enfants-soldats à Halifax

HALIFAX — L’ancien détenu de la prison américaine de Guantanamo Omar Khadr a fait une rare apparition publique à Halifax.

M. Khadr a participé, lundi soir, à une table ronde sur les enfants-soldats organisée par l’Initiative Dallaire (Roméo Dallaire Child Soldiers Initiative).

Il a affirmé à un large public de l’Université Dalhousie qu’il croyait qu’il avait un rôle à jouer dans le monde, bien qu’il ne sache toujours pas exactement quelle forme cela prendrait.

En juillet 2002, à l’âge de 15 ans en Afghanistan, M. Khadr a été capturé et grièvement blessé et a été accusé d’avoir tué un soldat américain et d’en avoir blessé un autre.

Il a été détenu à la prison de Guantanamo, à Cuba, et a été rapatrié au Canada en 2013.

Maintenant âgé de 33 ans, M. Khadr a dit qu’il était en mode survie depuis 17 ans et il a qualifié la discussion de l’Initiative Dallaire de lieu sûr avec des participants qui «comprennent des gens comme moi».

M. Khadr a dit espérer que les gens puissent se faire une idée juste de la personne qu’il est devenu.

À ce sujet, il a confié se sentir forcé de toujours adopter un comportement irréprochable en public parce qu’après avoir été si longtemps traité comme une mauvaise personne, il devait constamment prouver qu’il n’en est pas une.

«Je dois toujours avoir une attitude très professionnelle et tenter de convaincre les gens que je ne suis pas une mauvaise personne», a-t-il témoigné.

«Je dois toujours demeurer rationnel. Je ne peux pas être émotif parce que je crains que si je suis émotif, les gens vont m’accuser d’être manipulateur. C’est vraiment lourd à porter», a poursuivi M. Khadr.

Selon lui, il n’a absolument pas droite à l’erreur.

«C’est impossible de vivre avec insouciance, a-t-il ajouté. Il faut toujours être soucieux de ce qu’on fait et ça devient épuisant.»

La discussion de deux heures portait particulièrement sur les expériences d’enfants-soldats lors de conflits, leur protection et les conséquences à long terme de ce qu’ils ont vécu.

Il n’a pas été question du cas particulier de ce qu’a vécu Omar Khadr. Dans le cadre d’une entente négociée avec la commission militaire américaine à Guantanamo Bay, en 2010, il a plaidé coupable à cinq chefs d’accusation de crimes de guerre.

L’ex-détenu avait par la suite déclaré que cette entente était sa seule manière de sortir de l’infâme prison militaire américaine.

Le gouvernement canadien a offert des excuses à Omar Khadr en 2017 et lui a versé une compensation de 10,5 millions $ pour avoir violé ses droits alors qu’il se trouvait incarcéré à Guantanamo Bay.

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