OMS: Justin Trudeau évite de commenter la décision des États-Unis

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau a soigneusement évité de s’ingérer dans le débat sur la gestion de la crise de la COVID-19 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Il n’a pas non plus voulu commenter la décision controversée des États-Unis de suspendre leur contribution à l’OMS et d’étudier son rôle dans ce que la Maison-Blanche considère comme une «mauvaise gestion» de la crise.

S’exprimant devant sa résidence lors de son point de presse quotidien, mercredi, M. Trudeau a dit que la voie à suivre pendant la pandémie passe par la science.

«Ma priorité, la priorité du gouvernement maintenant, c’est de faire tout ce qu’on peut pour protéger les Canadiens, pour assurer la santé et la sécurité des gens à travers le pays et ça implique de travailler avec les experts ici au Canada et à travers le monde», a-t-il dit.

Il a ajouté que les leaders du G7 tiendront une rencontre par téléconférence jeudi pour coordonner leur approche «ancrée dans la science» en pleine pandémie.

Tous les pays du Groupe des sept — les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni, l’Allemagne et le Canada — ont été durement frappés par le virus.

Le président des États-Unis, Donald Trump, dont le pays est le plus touché par la COVID-19, a accusé l’OMS d’être trop proche de la Chine et d’avoir mal prévu l’ampleur de la pandémie.

Ses critiques ont valu une réplique du directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui a mis en garde contre la politisation du virus «pour marquer des points politiques».

Mais ces inquiétudes sur le rôle de l’OMS se sont aussi transposées au plan national.

Plus tôt en journée mercredi, le chef conservateur Andrew Scheer a livré une charge à fond de train contre l’OMS, qui aurait adopté un «style orwellien» en refusant de répondre à des questions d’intérêt public.

Il a aussi accusé l’OMS d’être trop complaisante envers Pékin, qui aurait manqué de transparence et qui aurait voulu minimiser l’ampleur de la crise dès ses débuts.

«Les (preuves) que le gouvernement de la Chine (…) a sur l’OMS, c’est inquiétant et on veut savoir comment cette influence a affecté les décisions», a-t-il donné en guise d’explication.

M. Scheer estime qu’une comparution d’un représentant de l’OMS devant un comité de la Chambre des communes serait une «première étape» vers la voie de la transparence.

Quelle serait la deuxième étape? «Ça dépend de la première étape», a simplement répondu le chef conservateur.

Le Canada a déjà donné 17,5 millions $ à l’OMS pour l’année 2020. Le pays a aussi versé 15 millions $ depuis le début de la crise de la COVID-19 pour répondre au besoin des pays plus à risque.

La ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, a noté que l’OMS est un «outil très précieux» en temps de pandémie et que l’organisation risque d’être sollicitée régulièrement à l’avenir.

«Nous savons que toute réponse à la COVID-19 — ou toute éclosion globale, en réalité — doit refléter la capacité de tous les pays à travailler ensemble et à joindre leurs recherches et à vraiment partager leurs efforts pour gérer ces éclosions qui se reproduiront encore, encore et encore, en passant», a-t-elle affirmé.

M. Trudeau a dit que, dans les mois et les années à venir, il y aura «de nombreuses réflexions» à faire sur le rôle des institutions tant au niveau national qu’à l’international pour faire face à une telle pandémie.

«Ce sont des choses qui viendront en temps et lieu. Maintenant, notre priorité doit être de faire du mieux qu’on peut pour protéger les Canadiens», a-t-il dit mercredi.