On a besoin des lanceurs d’alerte, dit McCann

QUÉBEC — La ministre de la Santé, Danielle McCann, assure avoir besoin des lanceurs d’alerte, particulièrement en temps de pandémie.

Elle réagissait, vendredi, à l’allégation lancée en pleine commission par le député de Québec solidaire Sol Zanetti, selon laquelle une résidence pour aînés à Laval tarde à disposer des corps des personnes décédées.

M. Zanetti a entamé son échange avec la ministre McCann avec ce récit d’horreur dans une résidence qu’il n’a pas nommée. La ministre n’a pas confirmé les informations, bien qu’elle se dise «désolée» de les apprendre.

«Ce que vous décrivez est absolument intolérable, a-t-elle déclaré, en ajoutant que le Québec vivait une «crise humanitaire». Je suis désolée d’apprendre que (la situation) a dégénéré autant que ça.»

Mme McCann a enchaîné en invitant les employés du réseau de la santé à dénoncer les situations qu’ils jugent inacceptables. «On a besoin de ces gens-là; il faut nous le dire.»

Elle n’a pas manqué de décocher quelques flèches à l’endroit de son prédécesseur, l’ancien ministre libéral de la Santé, Gaétan Barrette, qui selon elle a coupé 2500 postes de gestionnaires.

«Ce sont tous des gens qui alertaient. (…) On a perdu des gens comme ça. Alors qui va nous le dire, là? C’est le personnel. Et il n’y aura pas de représailles. Il faut qu’on sache ce qui se passe sur le terrain.» 

«Il n’y a plus d’omerta»

Réaffirmant qu’«il n’y a plus d’omerta» dans le réseau de la santé, la ministre a suggéré la mise sur pied d’une ligne téléphonique entre autres pour les employés du secteur privé qui ne sont pas syndiqués.

Le porte-parole du Parti québécois en santé, Joël Arseneau, venait de l’inviter à créer une ligne «1-800-ça-pas-de-bon-sens» et à garantir la protection de ces travailleurs.

«Il faut trouver un mécanisme, a-t-il déclaré. Actuellement, le mécanisme n’existe pas. (…) En d’autres mots, ils ne sont pas protégés.»

M. Arseneau a également demandé à la ministre de bien vouloir révéler, dès samedi, les détails concernant la résidence à Laval où les personnes âgées, selon le récit de M. Zanetti, vivent dans des conditions inhumaines.

Trop tôt pour déconfiner Montréal, martèlent les libéraux

Par ailleurs, les députés libéraux qui prenaient part au débat virtuel avec Mme McCann ont réclamé une fois de plus le report du déconfinement à Montréal.

Le député libéral André Fortin a déclaré que selon lui, le Québec ne respectait pas les six critères de l’Organisation mondiale de la santé permettant le déconfinement.

«On va trop vite», a-t-il insisté en mêlée de presse, en déplorant que le Québec n’ait pas encore augmenté ses tests de dépistage, alors que les écoles à Montréal doivent rouvrir le 19 mai. 

«Pour le reste du Québec, je pense qu’on est prêt, mais pour la grande région de Montréal, on ne l’est pas pour le moment», a reconnu Mme McCann, sans toutefois changer la date prévue du déconfinement.