François Legault a atteint son but en à peine six ans

QUÉBEC — Le chef caquiste François Legault a finalement atteint lundi soir le but qu’il s’était fixé il y a à peine six ans en fondant la Coalition avenir Québec (CAQ): il dirigera le Québec avec un gouvernement majoritaire.

«Aujourd’hui on a marqué l’histoire», a déclaré le nouveau premier ministre élu en amorce de son discours devant une petite foule enthousiaste au Centre des congrès de Québec.

La victoire de la CAQ met fin à 50 ans d’alternance entre le Parti libéral (PLQ) et le Parti québécois (PQ).

«Il y a beaucoup de Québécois qui ont mis de côté un débat qui nous a divisés depuis 50 ans», a-t-il lancé en faisant référence au clivage de la question nationale.

À 23h40, 74 candidats de la CAQ étaient élus ou en avance et le parti avait recueilli 37,65 pour cent des voix.

«On a réussi à rassembler, et c’est dans cet esprit de rassemblement que j’ai l’intention de gouverner pour tous les Québécois», a poursuivi M. Legault, qui devra relever le défi exigeant de faire tenir ensemble son nouveau gouvernement, composé d’anciens adéquistes, anciens libéraux, d’anciens souverainistes et péquistes.

«On a maintenant une grand responsabilité (…). Dès demain, on va se retrousser les manches et on va travailler pour faire plus, pour faire mieux, pour tous les Québécois.»

À 20h50, le premier ministre Philippe Couillard a appelé M. Legault pour l’assurer de sa pleine collaboration pour la transition qui s’amorce. Une rencontre sera prévue entre les deux hommes dans les jours à venir, a précisé l’équipe de M. Legault.

À 21h33, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, s’est lui aussi entretenu avec M. Legault. Il lui a assuré une collaboration immédiate et les deux hommes se sont promis de parler rapidement de l’Accord Canada-Mexique-États-Unis, a-t-on précisé.

Le chef de l’opposition à Ottawa, le conservateur Andrew Scheer, l’a aussi appelé, ainsi que le premier ministre Doug Ford de l’Ontario.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, ainsi que le maire de Québec, Régis Labeaume, se sont également entretenus avec M. Legault.

Au cours de la soirée, le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, et la co-porte-parole de Québec Solidaire, Manon Massé, ont également transmis leurs félicitations au nouveau premier ministre élu et ont exprimé leur volonté à travailler en collaboration.

«Merci aux Québécois qui n’ont pas eu peur, les campagnes de peur, ça ne marche plus!» a pour sa part lancé la députée caquiste réélue de Montarville, Nathalie Roy, lundi soir, aux partisans réunis au Centre des congrès de Québec pour célébrer la victoire de leur parti.

«On remplace la peur par de l’espoir», a-t-elle poursuivi devant la foule encore clairsemée à ce moment, en faisant référence aux nombreuses attaques du Parti libéral qui a tenté de discréditer la Coalition avenir Québec (CAQ).

«À tous les détracteurs qui nous ont regardés de haut, M. François Legault sera notre premier ministre du Québec.»

Cette députée qui a été un des piliers du parti en Chambre a aussi souligné que la CAQ avait réussi à faire élire plusieurs députées féminines, dans cette formation qui se targuait d’avoir une majorité de candidates.

«On a des femmes partout à la grandeur du Québec», a-t-elle déclaré.

La nouvelle députée de Prévost, Marguerite Blais, anciennement députée libérale qui a démissionné dans Saint-Henri-Sainte-Anne, a tenté d’expliquer le succès de son nouveau parti.

«La politique, c’est aussi une boule d’émotion, a-t-elle déclaré dans une mêlée de presse. Il ne faut pas penser que c’est seulement cérébral, et monsieur Legault a cette boule d’émotion. Dans son dernier discours, il a parlé d’un gouvernement humain.»

La CAQ «était la seule option crédible pour répondre à ce besoin de changement», a déclaré la députée réélue de Louis-Hébert, Geneviève Guilbeault, en point de presse.

«Le travail commence», a convenu celle par qui la montée de la CAQ a commencé l’an dernier lors d’une complémentaire dans cette circonscription de Québec ravie aux libéraux.

La CAQ a fait des gains pratiquement dans toutes les régions du Québec, autant contre des élus libéraux que contre des péquistes, en Mauricie, en Estrie, en Outaouais, au Lac-Saint-Jean, et même en mettant enfin un pied sur l’île de Montréal, dans Pointe-aux-Trembles.

Le parti a battu nombre de ministres libéraux, dont Pierre Moreau dans Châteauguay, Dominique Vien dans Bellechasse, François Blais dans Charlesbourg, Jean D’Amour, dans Rivière-du-Loup, Stéphane Billette, dans Huntingdon, Véronyque Tremblay, dans Chauveau.

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie