Ontario: des négociations au point mort avant une possible grève des enseignants

TORONTO — Les négociations entre le gouvernement de l’Ontario et le syndicat représentant les enseignants du secondaire de la province ont semblé être au point mort, mardi, à la veille d’une possible grève d’un jour qui pourrait entraîner la fermeture de nombreuses écoles dans la province.

Le ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, a déclaré que son équipe de négociation avait présenté un nouveau «cadre» aux négociateurs de la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (FEESO) pour tenter de maintenir toutes les parties à la table.

Cependant, le président du syndicat, Harvey Bischof, a soutenu que le médiateur n’avait rien accordé de nouveau aux enseignants et qu’aucun progrès n’avait été accompli depuis des jours.

«Bien que nous restions ici jusqu’à la fin et que nous faisons de notre mieux, les signes sont très décourageants à ce stade, a déclaré M. Bischof. Le ministre est soit délibérément trompeur, soit complètement mal informé. Je l’invite à venir à l’hôtel et je pourrais peut-être le mettre au diapason.»

Les enseignantes et enseignants des écoles secondaires publiques de l’Ontario sont sans contrat de travail depuis le mois d’août et ont déclaré qu’ils quitteraient leur emploi pendant une journée si aucune entente n’était conclue d’ici mardi à minuit.

Certains des plus grands conseils scolaires de la province — y compris le conseil scolaire du district de Toronto et le conseil scolaire du district de Peel, à l’ouest de Toronto — ont déclaré qu’ils seraient obligés de fermer leurs écoles secondaires si des mesures étaient prises.

Les autres conseils scolaires où le personnel enseignant est représenté par le FEESO — comme le Conseil scolaire régional de district de Waterloo et le Conseil scolaire de district d’Ottawa-Carleton — vont également fermer leurs écoles primaires et secondaires en cas de grève.

Les enseignants mènent déjà une grève du zèle et affirment qu’ils s’opposent aux projets du gouvernement d’augmenter la taille des classes et de mettre en place des cours obligatoires de formation en ligne.

M. Bischof a déclaré qu’il sympathisait avec les parents qui seraient dérangés par la fermeture possible de certaines écoles, tout en ajoutant que le syndicat s’opposait aux coupes gouvernementales qui vont affecter la qualité de l’éducation dans la province.

Le ministre Lecce a fait valoir que le principal problème dans les négociations était la rémunération, le gouvernement ayant récemment adopté une loi visant à limiter les augmentations de salaire annuelles de tous les travailleurs du secteur public à un pour cent pendant trois ans. Le syndicat demande des augmentations au niveau de l’inflation, qui s’élèverait à environ 2 pour cent.

Le ministre a déclaré que le gouvernement restait prêt à négocier, mais n’a pas fourni plus de détails sur le nouveau cadre apparemment offert mardi.

L’ex-première ministre libérale Kathleen Wynne, qui a également déjà dirigé le ministère de l’Éducation, a soutenu que les coupes du gouvernement progressiste-conservateur dans le système d’éducation ont nui aux relations avec les enseignants avant même le début des négociations.

«Ça fait plus de 20 ans que les enseignants n’ont pas exercé de moyens de pression concertés à travers la province, a-t-elle dit. Je crois que ça en dit long. La dernière grande mobilisation remonte au gouvernement progressiste-conservateur de Mike Harris.»

Mme Wynne en a ajouté en concluant que le gouvernement actuel de Doug Ford avait «déclaré la guerre aux enseignants et au personnel de soutien».

La cheffe du NPD, Andrea Horwath, a dit reconnaître qu’une grève causerait des problèmes aux parents, mais elle estime que les parents sont plus furieux contre le gouvernement que contre les professeurs.