Funérailles du policier abattu le 27 décembre en Ontario

Des centaines de policiers sont venus assister mercredi aux funérailles d’un agent de la Police provinciale de l’Ontario qui a été abattu dans une embuscade, la semaine dernière, dans la péninsule du Niagara.

L’agent Grzegorz Pierzchala, âgé de 28 ans, a été abattu alors qu’il répondait à un appel pour un véhicule dans un fossé à l’ouest de Hagersville, au sud de Hamilton, a indiqué la Police provinciale de l’Ontario (PPO). Deux personnes ont été accusées de meurtre au premier degré dans cette affaire.

La police a indiqué que l’agent Pierzchala était membre de la PPO depuis un peu plus d’un an. Quelques heures avant sa mort, on l’avait informé qu’il venait de terminer sa période de probation de 10 mois. 

M. Pierzchala avait été auparavant militaire et constable à l’Assemblée législative de l’Ontario. Il rêvait déjà, enfant, de devenir policier et ses collègues se souviennent de lui comme d’un policier merveilleux avec un cœur en or.

Justyna Pierzchala a déclaré mercredi que son frère aîné prenait très au sérieux son rôle de veiller sur elle. «Il s’assurait toujours que j’étais au bon endroit, à la fois mentalement et physiquement, et vérifiait toujours que j’allais dans la bonne direction, a-t-elle dit. Greg était bien plus qu’un simple policier. Mort en héros, il a vécu comme une source d’inspiration.»

Son frère Michal a raconté que «ce qui le séparait vraiment des autres, c’étaient ses normes élevées pour tout dans sa vie».

«Il nous donnait envie d’être une meilleure personne, d’améliorer notre propre vie, et je ne peux pas imaginer une meilleure influence que quelqu’un puisse avoir.»

La famille du policier a rappelé mercredi que Greg Pierzchala aimait les arts martiaux, la nature, la lecture, et pouvait contempler des tableaux dans un musée pendant des heures. Ses collègues ont déclaré que le jeune homme aimait servir sa communauté.

Un cortège de policiers

Le premier ministre de l’Ontario et la lieutenante-gouverneure se sont aussi joints à la famille de M. Pierzchala, mercredi, pour les funérailles à l’aréna Sadlon de Barrie, la ville natale du policier, alors que la pluie tombait à l’extérieur par un lugubre mercredi matin.

Avant les funérailles privées, les policiers ont défilé en cortège dans les rues de Barrie, sous le regard ému de plusieurs citoyens. Puis, à l’intérieur de l’aréna, les policiers ont été invités à retirer leur képi alors que le cercueil de M. Pierzchala était transporté à l’avant de l’auditorium.

«Ce jeune homme courageux est mort deux jours seulement après Noël, a déclaré le premier ministre Doug Ford. C’est un autre rappel difficile que le travail d’un policier est un engagement total (…) un rappel douloureux que la police est une vocation qui implique toute la famille.»

«Les gens qu’il a vraiment servis n’oublieront jamais votre sacrifice, a affirmé M. Ford à la famille du policier. Je tiens à vous remercier du fond du cœur d’avoir partagé votre fils et votre frère avec nous.»

Des documents judiciaires montrent que plusieurs mois avant la fusillade, l’une des deux personnes accusées du meurtre, Randall McKenzie, âgé de 25 ans, s’était vu refuser une mise en liberté sous caution dans une affaire distincte impliquant un certain nombre d’accusations d’agression et d’armes, mais il avait été libéré après un réexamen de son dossier. Un mandat d’arrêt a ensuite été lancé contre lui lorsqu’il ne s’est pas présenté à une date d’audience en août, selon les documents judiciaires.

Depuis la fusillade, des appels se sont multipliés pour que le gouvernement fédéral réforme sa politique de libération sous caution.

Michal Pierzchala a affirmé mercredi que son frère était bien conscient des risques de ce métier, mais qu’il avait néanmoins choisi cette voie. Il a souligné que les mots de l’un des auteurs favoris de son frère, Charles Dickens, convenaient bien aux funérailles.

«Je vois une ville splendide et un peuple brillant sortir de cet abîme. Je vois les vies pour lesquelles je donne la mienne, des vies paisibles, utiles, prospères et heureuses (…) Je ne pourrai jamais accomplir meilleure chose; je ne pourrai jamais connaître meilleur repos.» (dans «Un conte de deux villes»)

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