Du changement est nécessaire à la police provinciale de l’Ontario, dit Doug Ford

TORONTO — Doug Ford affirme qu’un changement à la haute direction est nécessaire pour résoudre ce qu’il qualifie de problèmes systémiques à la Police provinciale de l’Ontario (PPO).

Le premier ministre ontarien a fait ces commentaires à l’Assemblée législative, jeudi, au lendemain de l’annonce par un de ses amis proches qu’il retirait sa candidature à la direction du corps policier, face à la controverse entourant sa nomination.

M. Ford a remercié le surintendant de la police de Toronto, Ron Taverner, d’avoir postulé et a blâmé l’opposition pour ce qu’il estime être des attaques personnelles à l’égard du policier aux longs états de service depuis l’annonce de sa nomination en novembre. Le premier ministre a déclaré que le gouvernement voulait répondre aux préoccupations des agents de première ligne du corps policier provincial, sans toutefois préciser en quoi elles consistaient.

Initialement, Ron Taverner, âgé de 72 ans, ne remplissait pas les critères énoncés pour obtenir le poste de commissaire et le gouvernement a admis qu’il avait abaissé les exigences afin d’attirer un plus grand nombre de candidats.

La chef du Nouveau Parti démocratique, Andrea Horwath, a demandé au premier ministre Ford de tenir une enquête publique sur le processus de nomination de M. Taverner, afin de déterminer s’il y a eu ingérence politique.

Riposte du haut gradé de la police congédié

Le retrait de la candidature de Ron Taverner confirme que le haut gradé qui avait été congédié pour avoir dénoncé la nomination de cet ami du premier ministre avait raison, a déclaré son avocat jeudi.

L’ancien sous-commissaire de la PPO, Brad Blair, également candidat au poste de commissaire de la PPO, a demandé aux tribunaux de forcer l’ombudsman provincial à enquêter sur la nomination, affirmant qu’elle soulève des préoccupations d’ingérence politique.

M. Blair a été licencié cette semaine, mais le gouvernement nie toute implication politique, affirmant que la fonction publique en avait décidé ainsi parce qu’il avait divulgué des informations confidentielles de la PPO dans des documents déposés devant les tribunaux. Brad Blair a prétendu s’être fait montrer la porte dans une tentative de le museler. Son avocat, Julian Falconer, a déclaré que le congédiement était «légalement suspect».

«M. Blair conteste la validité juridique de la cessation de son emploi en tant que policier assermenté de la Police provinciale de l’Ontario et demandera des comptes et une pleine indemnisation pour les actes qui ont conduit à la fin de son emploi», a déclaré Me Falconer dans un communiqué transmis jeudi.

Les démarches de M. Blair ont entraîné des coûts personnels importants, a ajouté Me Falconer.

«Les nouvelles de la nuit dernière confirment la détermination inébranlable de Brad Blair à protéger la PPO de toute ingérence politique, a-t-il écrit. Il est extrêmement regrettable que la destruction de la carrière d’un honnête homme constitue le prix à payer pour dénoncer le copinage politique et l’abus de pouvoir.»

Le commissaire à l’intégrité de l’Ontario examine les circonstances entourant l’embauche de Ron Taverner, qui a demandé que sa nomination soit retardée jusqu’à la fin de l’enquête. Le bureau du commissaire à l’intégrité n’a pas immédiatement répondu à une question jeudi au sujet de l’état de son enquête.

Le premier ministre Ford avait précédemment décrit le poste de commissaire de la PPO comme une «nomination politique», mais il a indiqué dans une lettre en décembre au commissaire à l’intégrité qu’il n’était au courant d’aucune consultation de son bureau sur le changement de grade requis.

Doug Ford a déclaré au commissaire à l’intégrité que son bureau faisait partie du processus initial de planification du recrutement et avait retenu les services d’une entreprise externe de recrutement de cadres.

Brad Blair a également menacé de poursuivre M. Ford en justice, alléguant que le premier ministre avait porté atteinte à sa réputation en affirmant qu’il avait enfreint la loi sur les services de police en dénonçant l’embauche de M. Taverner.

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