Ontario: le ministre Lecce dit que les élèves ont besoin d’activités parascolaires

TORONTO — Alors que les négociations syndicales se poursuivent avec les enseignants, le ministre de l’Éducation de l’Ontario souligne que le gouvernement s’attend à ce que les élèves aient accès à des activités parascolaires à la reprise des cours en septembre.

Le ministre Stephen Lecce a fait ces remarques lors d’une conférence de presse dans la région de Toronto lundi, où il a présenté les plans du gouvernement pour aider les étudiants à rattraper des années de perturbations pandémiques.

Il s’est engagé à ce que les enfants soient en classe pendant toute l’année scolaire et a soutenu que des activités comme les sports et les associations – qui ont été annulés dans le passé lors d’actions syndicales – sont essentielles à la réussite globale des élèves.

«Je crois qu’après deux ans de grandes difficultés, la bonne chose à faire est de s’assurer qu’un enfant revienne à la normale et à l’expérience étudiante complète, qui comprend les associations et les activités parascolaires», a-t-il déclaré aux journalistes.

«Nous signalons notre intention claire de rétablir ces services, ces expériences et de soutenir les enfants, et nous savons que les éducateurs se soucient profondément de leurs élèves, ils feront ce qu’il faut et veilleront à ce que ces expériences soient rétablies pour les enfants.»

Ses commentaires sont intervenus alors que le gouvernement négocie avec les syndicats de l’éducation avant l’expiration des contrats fin août.

Les négociations ont été tendues lors de la dernière phase de négociation il y a trois ans. Les enseignants ont pris des actions de grève sur certaines activités à divers moments, ce qui a perturbé les activités parascolaires comme les sports et les associations.

M. Lecce s’est dit confiant, cependant, que la province conclura des accords de travail qui offriront une stabilité aux étudiants.

Les premières réunions de négociation avec les syndicats ont commencé la semaine dernière et le ministre Lecce a déclaré que la plupart avaient accepté de se rencontrer à nouveau au cours de l’été.

«Il y a un engagement que nous devons tous prendre : c’est envers ces enfants, pour qu’ils retournent dans des écoles normales, a-t-il dit. Nous sommes convaincus que nous pouvons le faire et nous sommes impatients de conclure des accords dès que possible avec tous les partenaires volontaires.»

Sur une base volontaire 

La présidente de la Fédération des enseignantes et des enseignants des écoles secondaires de l’Ontario, Karen Littlewood, a indiqué qu’elle était d’accord avec M. Lecce sur le fait que les activités parascolaires sont importantes, mais a souligné qu’elles sont facultatives pour les enseignants.

Elle a déclaré que certains enseignants sont ravis d’offrir des activités parascolaires, mais certains sont toujours préoccupés par les risques liés à la COVID-19 dans les écoles, surtout maintenant que les masques ne sont plus obligatoires. Beaucoup sont épuisés par la pandémie ou ont d’autres difficultés à proposer des activités parascolaires, a-t-elle ajouté.

«Ils sont volontaires et on ne m’a pas dit le contraire», a fait valoir Mme Littlewood à propos des activités parascolaires. «Je m’attends à ce que nos membres, s’ils souhaitent avoir un programme parascolaire et en offrir un, le fassent, et certains peuvent choisir de ne pas le faire.»

Mme Littlewood a dit que la première réunion de négociation était positive et qu’elle ne voit aucun problème à parvenir à un accord pour le moment.

La présidente de l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens, Anne Vinet-Roy, a déclaré que le syndicat comprend le besoin de stabilité dans les écoles deux ans après le début de la pandémie, mais a également souligné que les activités parascolaires sont gérées volontairement.

Selon Mme Vinet-Roy, le gouvernement doit travailler en collaboration pour assurer le meilleur environnement d’apprentissage post-pandémique possible pour les étudiants.

«Lorsque le ministre de l’Éducation insiste sur l’importance du programme complet et des activités parascolaires, il semble oublier que les activités parascolaires ont toujours été facultatives et volontaires pour les enseignants», a-t-elle déclaré dans un communiqué. 

«Pour soutenir cette stabilité dans les écoles, nous continuons d’avoir des attentes fermes : de vrais investissements importants devront être faits pour poser des gestes concrets et faire de l’éducation une vraie priorité.»

Lundi, M. Lecce a également passé en revue les plans du gouvernement pour aider les étudiants à rattraper les perturbations de la COVID-19, y compris le financement annoncé précédemment pour le tutorat et les soutiens en santé mentale.

Il a également évoqué les plans du ministère de la Santé visant à fournir des tests COVID-19 rapides aux étudiants et au personnel «chaque fois que des symptômes apparaissent».

Manque de financement 

Les néo-démocrates de l’opposition ont critiqué le manque de nouveau financement dans l’annonce. La porte-parole en matière d’éducation, Marit Stiles, a déclaré que les enfants et les travailleurs de l’éducation avaient besoin de plus d’aide et que le gouvernement aurait dû offrir plus d’argent pour aider les gens à se remettre sur la bonne voie.

L’appel à davantage de fonds pour l’éducation a été repris par Laura Walton, présidente du Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (CSCSO) du Syndicat canadien de la fonction publique.

«Annoncer et ré-annoncer un financement avec des séances de photos mises en scène est un sujet pour lequel ce gouvernement obtient une médaille d’or, a-t-elle déclaré dans une déclaration écrite. En fait, pour dépenser de l’argent pour ce dont les étudiants ont besoin, c’est là que Stephen Lecce et (le premier ministre) Doug Ford obtiennent un F.»

Marit Stiles du NPD a également accusé le ministre Lecce de pousser les enseignants à offrir des activités parascolaires volontaires. Elle a dit que les éducateurs veulent offrir des activités, mais comme Karen Littlewood, elle a dit que ces activités sont des tâches volontaires et non rémunérées offertes par des enseignants qui sont épuisés par des années d’enseignement dans le contexte de la pandémie. 

«Ils le font par bon cœur, parce qu’ils aiment les enfants, donc cela devrait être quelque chose que nous célébrons, pas quelque chose pour lequel nous les critiquons quand ils se sentent épuisés et pas prêts à le faire», a soulevé Mme Stiles.

«Parlons de la raison pour laquelle ils se sentent épuisés. Parlons de la raison pour laquelle ils se sentent sous-estimés. Parlons de ce que les quatre dernières années ont fait aux travailleurs de l’éducation de notre province, tout comme les travailleurs de la santé. Ils sont épuisés et à bout.»

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