Ontario: un automobiliste qui a fait 4 morts obtient sa libération conditionnelle

TORONTO — Un homme de la région de Toronto qui a provoqué la mort de trois enfants et de leur grand-père en conduisant son véhicule avec les facultés affaiblies a obtenu la libération conditionnelle totale, mardi, plus de cinq ans après le drame.

La décision a été prise alors que Marco Muzzo comparaissait devant la Commission des libérations conditionnelles du Canada, lors d’une audience à distance, à laquelle les proches des victimes ont également participé pour décrire le traumatisme constant qu’ils vivent avec leur deuil.

Avant que la décision ne soit rendue, M. Muzzo a déclaré que, bien qu’il ne puisse pas changer le passé, il espère aider à empêcher les autres de poser un tel geste.

Il a affirmé qu’il ne demandait pas à être pardonné, et qu’il ne s’attendait pas à l’être un jour.

«Je sais que ma réintégration a été lente et continuera d’être lente et constante», a ajouté M. Muzzo.

La commission lui a imposé un certain nombre de conditions, notamment qu’il ne consomme pas d’alcool, n’entre pas dans les bars et clubs d’effeuilleuses, et qu’il reste à l’extérieur de Brampton, en Ontario, et de la municipalité régionale de York.

Marco Muzzo a été condamné à dix ans d’emprisonnement en 2016 après avoir plaidé coupable à quatre chefs d’accusation de conduite avec facultés affaiblies causant la mort et à deux autres de conduite avec facultés affaiblies causant des lésions corporelles.  

Daniel Neville-Lake, 9 ans, son frère Harrison, 5 ans, leur soeur Milly, 2 ans, et le grand-père des enfants, Gary Neville, 65 ans, ont tous trouvé la mort dans l’horrible collision routière survenue à Vaughan, en Ontario. La grand-mère et l’arrière-grand-mère des enfants ont été gravement blessées.

Lors de l’audience de mardi, les parents des enfants ont exhorté la commission à ne pas accorder la libération conditionnelle à M. Muzzo, plaidant qu’il n’avait pas vraiment assumé la responsabilité ou montré des remords pour ses actions.

Ils ont également demandé à ce que, advenant la libération conditionnelle totale de l’homme, il soit redirigé vers une autre province pour leur éviter le stress relativement à une rencontre potentielle.

«Il me fait peur. De penser qu’il serait dans les rues m’effraie énormément. Je suis paniquée et anxieuse en pensant à lui», a confié Jennifer Neville-Lake.

«Il n’y a absolument rien qui puisse être fait pour transformer la mort de tous mes enfants et de mon père en quelque chose de bien. L’idée que trois enfants innocents doivent payer le prix pour qu’il apprenne une leçon de bon sens sur la décence, la responsabilité et la sécurité routière est répugnante.»

M. Muzzo s’est vu refuser la libération conditionnelle totale en avril dernier, bien qu’il ait obtenu la semi-liberté à ce moment-là.

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